Eolien marin: EDF emporte le morceau à Dunkerque

Le 14 juin 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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EDF installera 45 turbines de 12 MW au large de Dunkerque.
EDF installera 45 turbines de 12 MW au large de Dunkerque.
Dong Energy

L’ex-opérateur historique emporte le troisième appel d’offres sur l’éolien en mer. Cette compétition lui a permis de réduire considérablement les coûts et d’écarter les compagnies pétrolières. De son côté, le gouvernement confirme l’accélération du programme offshore.

 

Et de 4 ! En emportant le troisième appel d’offres éolien en mer EDF-renouvelables empoche son quatrième parc éolien offshore depuis 2012[1]. En visite à Saint-Nazaire, ce 14 juin, pour «célébrer» le rejet par le Conseil d’État des recours déposés contre le projet de parc éolien local (également porté par EDF R et Enbridge), le ministre de la transition écologique a annoncé qu’il retenait le groupement EDF Renouvelables-Innogy-Enbridge, pour construire et exploiter le parc éolien de Dunkerque.

40% du courant du Nord

Cette décision est d’importance. Certes, le projet dunkerquois est imposant. Les trois industriels prévoient d’implanter dans le fond de la mer du nord 45 turbines de 12 MW; de quoi produire, à partir de 2026, 2,3 TWh/an : l’équivalent de 40% des besoins en électricité du département du Nord. Mais le plus important n’est pas là.

Dunkerque est le premier appel d’offres à avoir utilisé la démarche du dialogue concurrentiel, outil essentiel de baisse des coûts. Selon les services de François de Rugy, le consortium lauréat s’engage sur un coût de production «notamment inférieur à 50 €/MWh», pendant 20 ans. Un coût quatre fois inférieur à celui des premiers appels d’offres français. Un coût qui impressionne les observateurs. Jusqu’à présent, seul le Suédois Vattenfall (compétiteur malheureux à Dunkerque) a autant comprimé les coûts de production, sur des parcs situés au Danemark et aux Pays-Bas.

pétroliers qui pleurent

«L’incertitude pesant sur les prix futurs est désormais dissipée: l’éolien maritime vient de démontrer sa capacité à proposer des prix très compétitifs», se réjouit France Energie Eolienne, dans un communiqué.

EDF qui rit, ce sont aussi les pétroliers qui pleurent. En triomphant à Dunkerque, Total, Shell espéraient faire une entrée fracassante sur le marché français de l’éolien posé. Ce sera pour une autre fois.

occasions nombreuses

Et les occasions ne manqueront pas. Deux jours après le discours de politique générale du premier ministre, le ministre d’Etat a confirmé que le rythme annuel des appels d’offres éolien offshore passerait de 750 MW à 1GW, entre 2020 et 2024.

«Plusieurs projets déjà lancés permettront de commencer à y répondre, notamment celui du parc de 1.000 MW, prévu au large de la Normandie et qui fera bientôt l’objet d’un débat public qui permettra de déterminer une ou plusieurs zones propices à son développement», indique un communiqué du ministère de la transition écologique.

tous les littoraux

Parallèlement, trois autres compétitions seront organisées pour des parcs éoliens flottants: l’une en Bretagne sud (250 MW) et deux autres en Méditerranée (250 MW chacun).

Ces champs éoliens auront vocation en cas de coûts de production serrés «à être étendus ultérieurement pour atteindre plus de 750 MW permettant de profiter de raccordements électriques mutualisés.»

François de Rugy a également indiqué qu’un nouveau parc pourrait être installé au large d’Oléron d’une taille à déterminer entre 500 et 1000 MW.



[1] EDF EN doit également construire et exploiter les parcs éoliens marins de Saint-Nazaire (480 MW), Fécamp (498 MW) et Courseulles-sur-mer (450 MW).

 



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