Eolien: les professionnels font grise mine

Le 01 octobre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A quelle sauce tarifaire l'éolien va-t-il être mangé?
A quelle sauce tarifaire l'éolien va-t-il être mangé?

Faute de système de soutien financier, l’éolien français pourrait bientôt mettre ses pales en berne. Voici pourquoi.

La journée avait pourtant bien commencé. Ce mardi matin 1er octobre, Areva, Entrepose et Fouré Lagadec, une entreprise havraise, ont signé un accord portant sur la construction d’installations qui permettront, peut-être, à ce consortium (lequel comprend également GDF Suez et EDP Renovaveis, filiale du groupe portugais EDP) de bâtir dans la zone portuaire du Havre un site industriel dédié à l’éolien maritime.

 

1.000 MW en Normandie et en Bretagne

D’un montant de plusieurs centaines de millions d’euros, cet investissement reste encore hypothétique. Les trois industriels n’engageront un kopek que s’ils emportent les deux lots (500 mégawatts au large du Tréport et 500 MW au large des îles d’Yeu et de Noirmoutier) du second appel d’offres éolien offshore, a rappelé Louis-François Durret, président d’Areva Renouvelables. Ce qui peut surprendre, si l’on se souvient que l’essentiel de la production de ces usines futures doit être exporté, notamment vers le Royaume-Uni.

 

Lenteurs françaises

En attendant les résultats de l’appel d’offres, prévus pour le début de l’année prochaine, les professionnels français de l’éolien rongent leur frein. Réunis mardi et mercredi au Havre pour le 4e colloque national éolien, ces derniers attendent, en gros, de savoir à quelle sauce tarifaire ils seront mangés. Et pas de gaîté de cœur. Le contexte réglementaire, les oppositions locales, les lourdeurs administratives allongent considérablement les durées d’instruction des dossiers. Avec des conséquence immédiates et à long terme.

«Avec 200 MW raccordés, cela faisait des années que nous n’avions installé aussi peu d’éoliennes terrestres qu’au cours du premier semestre», rappelle Jean-Baptiste Séjourné, patron de la branche éolienne du Syndicat des énergies renouvelables (SER). A moyen terme, la France ne tiendra pas les objectifs que lui a assignés la directive Energies renouvelables de 2009. «Au rythme actuel, 17% de notre énergie finale sera d’origine renouvelable en 2020», calcule Jean-Louis Bal, président du SER. Soit 6 points de moins que fixé par la Commission européenne. Ce qui pourrait nous valoir rapidement des ennuis avec Bruxelles.

 

Menaces européennes

Représentante de la Commission à Paris, Anne Houtman n’a pas masqué les problèmes. «Nous sommes en train de regarder les niveaux de transposition de la directive, explique-t-elle. Il faudra que la trajectoire pour 2020 soit crédible.» Les états membres au parc renouvelable jugé trop faibles, en 2012, au regard des objectifs de la directive, pourraient être déférés devant la Cour européenne de justice (CEJ). La France pourrait ainsi être l’un des prochains mis en examen.

Pour ne rien arranger, la CEJ devrait prochainement confirmer la qualité d’aide d’état des tarifs d’achat des énergies renouvelables françaises. Ce qui, logiquement, entrainera leur annulation. Reste à savoir quelle suite judiciaire Bruxelles entend donner à cette décision. «Si nous estimons qu’il n’y a qu’un problème de forme [la non-notification de ces tarifs à Bruxelles par le gouvernement français, ndlr], cela ne devrait pas poser de problème. En revanche, si nous relevons un problème de fonds, nous pourrions demander le remboursement des aides perçues», rappelle Anne Houtman.

D’autant que les dispositifs de soutien de secours ne semblent pas encore prêts. Dans une vidéo diffusée en début de colloque, le ministre de l’écologie n’a pas été des plus réjouissants pour les promoteurs de l’éolien. Philippe Martin a rappelé que le dispositif actuel devrait être revisité. Et que ce toilettage attendrait probablement le vote de la future loi sur la transition énergétique. Le successeur de Delphine Batho a également souligné que «toutes les pistes de financement sont engagées». à commencer par le troisième appel d’offres éolien offshore (attendu pour l’année prochaine), des soutiens apportés par la Banque publique d’investissement ou la Caisse des dépôts. Reste à savoir sous quelle forme?



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