Eolien: la France progresse doucement

Le 15 juin 2007 par Bérangère Lepetit
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Alors que l’Association européenne de l’énergie éolienne (EWEA) organise le 15 juin la première campagne européenne de promotion de l’éolien, le parc français a enfin dépassé au 1er juin 2007 le cap des 2.000 mégawatts installés.

«Encourageant, mais pas suffisant»: c'est le verdict du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui annonce, dans un communiqué daté du 11 juin, l'évolution tant attendue de l'éolien français. 500 mégawatts (MW) installés en moins de 6 mois et, au 1er juin, le cap des 2.000 MW enfin dépassé. Un démarrage de la filière? Un boom de l'éolien français? Responsable de l'éolien au SER, Marion Lettry relativise. «Cette évolution rapide s'explique simplement par l'aboutissement début 2007 de nombreux projets entamés en 2001-2002. En France, tout prend beaucoup de temps. Le potentiel de développement existe mais l'administration n'est pas adaptée». Le délai nécessaire à la finalisation d'un projet de parc éolien s'élève en moyenne à 4 ans.

Comparée à ses voisins allemands ou espagnols, la France n'a en effet aucune raison de se vanter. Selon le rapport 2006 de Greenpeace sur les perspectives mondiales de l'énergie éolienne, les pays dont la capacité installée totale est la plus élevée sont l'Allemagne (18.428 MW), l'Espagne (10.027 MW), les Etats-Unis (9.149 MW), l'Inde (4.430MW) et le Danemark (3.122 MW). Au Danemark, l'éolien assure plus de 20% de la production électrique du pays, et en Espagne, la part de l'éolien a atteint 8% et devrait parvenir à 15% d'ici la fin de la décennie. Selon Greenpeace, le marché mondial de l'énergie éolienne progresse plus rapidement que celui de toute autre source d'énergie renouvelable. Le total mondial a été multiplié par 12 en 10 ans pour atteindre plus de 59.000 MW.

En France, ce n'est pourtant pas le potentiel qui fait défaut. La branche éolienne du SER, qui rappelle que «les professionnels sont en ordre de marche», a recensé dans une étude récente un cumul de projets à différents stades de développement de plus de 25.000 MW. L'objectif fixé par la programmation pluriannuelle des investissements (PPI), de 18.000 MW en 2015, a d'ailleurs été jugé «réaliste» par le SER.

Autre domaine où le potentiel demeure non exploité: l'éolien offshore. Certes, l'Hexagone dispose d'atouts moins intéressants que ses voisins du Nord, venteux et aux littoraux peu profonds. Mais les projets ne manquent pas. Ils tardent simplement à aboutir. C'est le cas par exemple du projet d'installation du parc éolien maritime «des Deux-Côtes», au large de la Seine-Maritime, défendu par la Compagnie du vent et retardé suite à un refus de la préfecture.

«Le cap des 2.000 MW franchi est un signal fort, poursuit Marion Lettry. Aujourd'hui, il faut encourager la création des zones de développement de l'éolien (ZDE) (1) pour éviter que la dynamique engagée ne soit enrayée». En attendant, la journée européenne de l'éolien sera célébrée sur l'ensemble du continent. Berlin, Bruxelles, Copenhague, Madrid, ou encore Budapest organisent des événements. En France, une régate de voile sera organisée dans le sud de la France.



(1) Les éoliennes situées en métropole devront être implantées dans une zone de développement de l'éolien (ZDE), zones proposées par les communes et définies par le préfet après avis des communes limitrophes et de la commission départementale des sites. Les communes préciseront dans leur proposition le périmètre de la zone et définiront la puissance minimale et maximale des installations éoliennes situées dans cette zone. Seules les éoliennes implantées dans le périmètre d'une zone de développement de l'éolien bénéficieront de l'obligation imposée à EDF d'acheter l'électricité ainsi produite.




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