Eolien: 22% de la production électrique en 2030 selon l’Ademe

Le 10 mai 2016 par Marine Jobert
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Une éolienne en Picardie.
Une éolienne en Picardie.
VLDT

L’éolien fournira 22% de l’électricité française en 2030. Soit 5 fois plus qu’en 2015. C’est la projection que vient de publier l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), dans un avis actualisé sur les potentiels de développement de l’éolien en France. Car, à la différence d’une énergie hydraulique qui présente peu de possibilités d’accroissement, l’énergie éolienne a encore quantités de terres à conquérir. Et la récente programmation pluriannuelle de l’énergie l’y pousse, qui prévoit l’installation, en 2023, de respectivement 9.000 à 10.500 machines sur terre et 440 machines en mer, pour un objectif de puissance installée compris entre 21.800 et 26.000 mégawatts d’éolien terrestre et 3.000 MW d’éolien en mer.

4e place en Europe

20 ans après le lancement du programme Eole 2005, la France occupe la 4e place sur le marché annuel européen, derrière l’Allemagne (5.300 MW installés en 2014), le Royaume-Uni (1.700 MW, dont 1.400 MW en mer) et la Suède (1.050 MW). En 2015, les énergéticiens tricolores ont mis en batterie 1.073 MW. L’investissement moyen est stable, de l’ordre de 1,3 million d’euros le mégawatt installé (quand, en Europe, on a installé 12,8 GW pour 26,4 Md€, soit un coût de 2 M€/MW). En 2015, le parc éolien a produit 21 TWh, soit 4,5% de la consommation nationale (contre 10% en moyenne en Europe). Une production qui peut représenter, lors des heures les plus productives, jusqu’à 16% de la consommation nationale d’électricité.

Le petit éolien (machines de moins de 250 kW) ne bénéficie plus de crédit d’impôt, ni de tarif d’achat spécifique en 2016. Selon l’Ademe, il est bien adapté aux exploitations agricoles en autoconsommation.

10.000 emplois directs

Les éoliennes sont encore construites à 60% hors de nos frontières. Mais la fabrication des composants et l’installation des machines emploient déjà directement plus de 10.000 personnes en France. Si les emplois liés à l’exploitation des parcs sont en croissance continue, ceux liés aux études et installations «subissent de fortes variations, en raison des accélérations et décélérations dans le développement de la filière dues notamment aux évolutions du contexte réglementaire». Sans parvenir à faire jeu égal avec leurs homologues danois, allemands ou espagnols, les fabricants français de génératrices ou de couronnes d’orientation, ou les spécialistes de l’installation génèrent entre 900 M€ et 1 Md€/an à l’exportation.

L’éolien participatif et citoyen se développe, comme l’Ademe l’a étudié dans un rapport consacré… aux énergies renouvelables participatives, que le Journal de l’environnement a lu pour vous.

Eoliennes recyclables

A horizon 2025, l’Ademe prévoit que l’éolien sera un pourvoyeur important de matériaux à recycler. Le taux de recyclabilité des éoliennes est d’ailleurs élevé, puisqu’elles sont constituées essentiellement d’acier, de fonte, de béton et de matériaux composites. Si les trois premiers sont facilement recyclables –même si l’on peut douter que les milliers de tonnes de chaque fondation soient effectivement recyclées-, les composites, utilisés en particulier pour la fabrication des pales, «constituent un axe de travail important à la fois pour l’allègement, la tenue à la fatigue, et la valorisation et le recyclage en fin de vie». L’Ademe en profite pour rappeler que le débat autour des éoliennes grandes consommatrices de terres rares n’est pas si décisif: un minorité d’éoliennes (correspondant à 3% de la capacité installée) ont recours aux aimants permanents des génératrices, composés de néodyme et de dysprosium. Toutefois, les éoliennes en mer ont opté pour cette technologie, ce qui impliquera une consommation d’environ 58 kilogrammes de néodyme et 5 kg de dysprosium par MW installé. «La question des terres rares n’apparaît donc pas critique mais conduit à un autre axe de travail centré sur leur recyclabilité et sur le développement de solutions alternatives», conclut l’Ademe.

 



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