Environnement : THE sujet des élections britanniques

Le 30 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A 6 jours du scrutin, le Journal de l’environnement fait le point sur la place consacrée aux sujets environnementaux dans le programme des trois principaux partis. Les « green issues » occupent souvent une place de choix dans les programmes du New Labour, des tories et des libéraux-démocrates. Revue de détails.

 

Jamais, sans doute, dans la longue histoire de la démocratie britannique, l’environnement n’avait été autant au cœur du débat politique. Pas un programme des 4 principales formations politiques d’Albion n’oublie de consacrer plus ou moins de chapitres aux sujets environnementaux. Durant les débats, chaque leader s’essaye à laver plus vert que ses concurrents. Dans les faits, il n’est pas toujours facile de séparer le bon grain bio de l’ivraie « greenwashed ».

 Au jeu du Greenest Party, les « LibDem » sont en pole position. Tout leur est bon ou presque pour capter les voix écologistes, alors que ces dernières pourraient – une première !- envoyer une verte à la Chambre des communes. Sur le plan du carbone, le Royaume-Uni des années 2050 sera totalement neutre. Mieux que la loi qui impose déjà une réduction de 80% des rejets carbonés vers le milieu du siècle. Le parti de Nick Clegg estime aussi possible de limiter le réchauffement climatique à 1,7°C d’ici 2100, alors que les climatologues les plus optimistes tablent plutôt sur une hausse de 3°C de la colonne de mercure. Londres montrera l’exemple en ne consommant, vers 2050 toujours, que de l’énergie tout à la fois décarbonée et dénucléarisée. A plus court terme, le Royaume-Uni devra unilatéralement, sous le gouvernement « LibDem », réduire d’un tiers en 10 ans ses émissions de gaz à effet de serre. Voilà pour le structurel. Pour le reste, le parti orange propose de nombreuses mesures censées ravir le citoyen. Dans le registre de ces promesses un tantinet démagogiques : la taxation des avions faiblement remplis, le doublement des surfaces forestières, une aide immédiate de 400 livres à chaque foyer s’équipant de doubles vitrages, d’un chauffe-eau solaire ou de panneaux photovoltaïques. Reste à savoir si tout cela est convaincant. « Les LibDem sont connus pour être hostiles à l’énergie nucléaire », indique Mark Pursey, responsable de la communication pour Renewable UK (lobby des industries éoliennes et marines), et sur ce point, « le résultat des élections aura une influence ».

 Au pouvoir depuis 1997, le New Labour vit essentiellement sur son acquis. Les partisans de Gordon Brown n’ont de cesse de rappeler qu’ils ont créé une économie bas-carbone, que grâce à eux 15% de l’électricité consommée en 2015 sera d’origine renouvelable, que les éoliennes marines britanniques sont les plus nombreuses. Le parti travailliste rappelle aussi qu’il a contribué à créer deux nouveaux parcs nationaux et qu’il a fait interdire (sujets très sensibles outre-Manche) la vivisection pour les cosmétiques et la chasse à courre au renard. Pour le reste, le programme travailliste ressemble à s’y méprendre aux engagements pris par le Royaume-Uni : accroissement de l’aide climatique aux pays les plus vulnérables (accord de Copenhague), développement des énergies renouvelables (directive Energies renouvelables II), construction de 4 centrales électriques capturant et stockant le CO2 (programme européen), etc. Maintenant que les grandes réunions internationales sont passées, Gordon Brown (rejoignant en cela David Cameron, le leader conservateur) rappelle qu’il entend bannir le commerce des espèces animales les plus menacées (éléphants, thons, ours polaires, phoques), ainsi que du bois tropical. Mais pour les observateurs, le bilan n’est pas forcément des plus roses. « Sur le climat, qui représente le challenge le plus important, le gouvernement n’a pas été très bon. Il avait promis de baisser de 20% les émissions de gaz à effet de serre en 2010. Or, en 2008, les données suggéraient que les réductions étaient 4 fois moindres », détaille Martyns Williams, lobbyiste parlementaire de l’organisation écologiste Friends of the earth.

 Bien que ses rangs comptent maints « climato-sceptiques », le parti conservateur (ou tory) affiche le « combat » contre le changement climatique en tête de son programme environnemental. Reprenant les objectifs donnés à la Grande-Bretagne par la directive européenne ENR II, les « Bleus » annonce la couleur. S ’ils l’emportent, ils réduiront de 10% en 12 mois les consommations énergétiques de tous les bâtiments publics du Royaume. Sans dire comment. Fervents partisans de l’énergie nucléaires, les partisans de David Cameron entendent aussi fixer des normes d’émission de CO2 aux centrales électriques thermiques. Ils faciliteront également la construction de 4 centrales électriques dotées d’un dispositif de capture et de séquestration géologique du carbone. Une promesse qui ressemble étrangement à un programme déjà engagé… par l’actuel gouvernement. Nouvellement convertis aux énergies renouvelables, les tories entendent en mettre partout : dans les collectivités (qui pourront légalement devenir des producteurs d’énergie), en mer (en accélérant le déploiement de réseaux de transport d’électricité reliant l’île aux fermes marines), chez les particuliers (en finançant l’installation de micro-cogénérateurs). Amoureux de la nature, les conservateurs vont la protéger, sans qu’on sache très bien comment. Seules exceptions : les poissons et les cobayes. Le futur gouvernement Cameron entend rendre plus « sustainable » la politique européenne de la pêche. Il réduira aussi les possibilités de mener des tests sur les animaux de laboratoire. Côté agriculture, les conservateurs se montrent peu favorables aux plantations de végétaux génétiquement modifiés. David Cameron veut aussi revoir certaines facettes de la politique agricole commune. Pour améliorer les revenus des paysans britanniques. Et s’assurer qu’une vache réputée anglaise ait bien eu les 4 pattes dans la glaise british. Séduisantes, ces propositions font parfois sourire les connaisseurs du jeu politique. « Sur l’environnement, le programme des conservateur s’est considérablement amélioré. Mais dans de nombreux domaines, leur manifeste n’est pas aussi précis qu’il aurait pu l’être. Il promet de résoudre des problèmes, mais n’énonce pas comment, ni combien cela va créer d’emplois », remarque Martyns Williams.Et pas seulement en Angleterre.

 



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