Environnement: l’indigence des programmes des socialistes

Le 15 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La rose est l'emblème du PS depuis 1971.
La rose est l'emblème du PS depuis 1971.
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Le JDLE passe au crible les propositions environnementales des candidats au poste de premier secrétaire du parti socialiste. Verdict : peut beaucoup mieux faire.

 

Après avoir éliminé la seule femme de la compétition (Delphine Batho), les 4 candidats au poste de premier secrétaire du parti socialiste (PS) attendent avec impatience les résultats du premier tour du scrutin.

Ce soir, les 120.000 militants du PS auront choisi les deux finalistes au sein d’une équipe composée de Stéphane Le Foll (ancien ministre de l’agriculture), Olivier Faure (patron des députés PS), Luc Carvounas (député du Val-de-Marne) et Emmanuel Maurel (député européen et conseiller régional d’Ile-de-France).

Mesures floues ou déjà en vigueur

Si la sélection du futur successeur de Jean-Christophe Cambadélis ne devait se faire qu’à l’aune de son programme environnemental, c’est sans nul doute Luc Carvounas qui l’emporterait. Dans son tract, l’ancien ‘vallsiste’ est le seul à proposer toute une série de propositions, souvent floues et parfois déjà en vigueur, qui vont dans le bon sens. S’il est élu, le maire d’Alfortville agira pour «inventer une fiscalité écologique juste», interdire les perturbateurs endocriniens ou lutter contre les particules fines. Ce qui témoigne d’une ambition certaine. En revanche, le vice-président de la Métropole du Grand Paris entend «confier aux régions et aux métropoles la possibilité de mettre en place des mesures environnementales différenciées». Ce qui existe déjà.

Pacte financier européen

Plus original, ce spécialiste des questions de défense propose la création d’un campus universitaire public-privé «dédié à la recherche sur le climat, la transition énergétique et les énergies renouvelables». L’Europe n’est pas oubliée. Luc Carvounas veut fusionner EDF et Engie pour développer l'efficacité énergétique et la lutte contre la précarité énergétique. Ce qui ne manquera pas de déclencher les foudres anti-trust de la Commission européenne. Moins dangereux, cet ennemi intime de la CGT veut négocier «un pacte financier européen qui assurerait pendant 30 ans le financement de la transition écologique». Il lui faudra être aussi élu à l’Elysée pour ce faire.

Le sens de la synthèse

En bon camarade de François Hollande, Stéphane Le Foll a le sens de la synthèse. Et à la place d’un fastidieux programme environnemental, l’ancien ministre de l’agriculture suggère de convoquer «un grand forum pendant deux ans», histoire que les militants imaginent le programme vert du futur PS à la place de son premier secrétaire. Il ne sera pas dit de l’élu sarthois qu’il est un autocrate écolo.

Olivier Faure a, lui aussi, une vision très large de la politique environnementale. Le patron des députés PS axe sa campagne sur la création d’un «Etat providence social qui mutualise la couverture des nouveaux risques liés aux désordres environnementaux pour lutter contre les inégalités». Ce qui témoigne d’une certaine audace dans le contexte institutionnel actuel.

ligne «antilibérale, écologiste, républicaine»

Défendant une ligne «antilibérale, écologiste, républicaine», Emmanuel Maurel ose parler du changement climatique. Et d’une arme ultime pour le réduire: la taxe carbone aux frontières de l’Union européenne. Une invention de Nicolas Sarkozy. Passons. Cet animateur de l’aile gauche du PS cultive décidément les paradoxes. Il propose, en effet, d’assortir tout nouvel accord commercial de «clauses permettant de lutter contre le dumping social et environnemental». Ce que permet, dans certains cas, l’Organisation mondiale du commerce.

 



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