Entre Israël et le Liban, le conflit devient maritime

Le 11 juillet 2011 par Geneviève De Lacour
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Israël va présenter prochainement aux Nations unies le tracé de sa zone économique exclusive (ZEE) en Méditerranée, où se trouvent des ressources gazières convoitées par le Liban. Le pays du Cèdre, officiellement toujours en état de guerre avec l’Etat hébreux, a prévenu  qu'il ne renoncerait pas à ses droits maritimes.

En 2010, d'importants gisements de gaz, Tamar et Léviathan, ont été découverts à 130 km et à 1.634 mètres de profondeur au large du port de Haïfa par des compagnies israélo-américaines. Selon la dépêche AFP publiée aujourd’hui 11 juillet, il s'agit « des plus importantes richesses sous-marines en hydrocarbures découvertes dans le monde depuis dix ans, soit un pactole estimé à des dizaines de milliards de dollars susceptible d'assurer à Israël une indépendance énergétique pendant plusieurs décennies ». Selon les calculs de  la compagnie américaine Noble Energy qui a mené les campagnes sismiques, à lui tout seul, le réservoir de Tamar devrait produire 250 milliards de m3 de gaz tandis que le gisement de Léviathan est estimé à 450 milliards de m3.La consommation annuelle israélienne étant estimée à plus de 3 milliards de m3 par an, le site de Tamar rendrait le pays énergétiquement indépendant pendant plusieurs dizaines d’années. Quant au site du Léviathan, il ferait d’Israël un exportateur mondial de gaz ces prochaines années.

Mais Beyrouth conteste l'exploitation de cette ressource par Israël, évoquant « une violation flagrante de la législation internationale et une attaque contre la souveraineté libanaise ». Le Liban a d'ailleurs annoncé vouloir lancer, début 2012, des appels d'offres pour des contrats de prospection pétrolière et gazière, notamment dans le sud de sa zone économique exclusive qui jouxte celle d'Israël, ou s'y superpose.
 
Selon Ruth Lapidot, experte en droit international à l’Université hébraïque de Jérusalem, la Convention de l'Onu prévoit que les pays puissent souverainement étendre leurs zones économiques exclusives jusqu'à 200 milles marins (370 km) pour la recherche et le développement. « Ces zones se fixent à mi-chemin en cas de juxtaposition, et un compromis doit être conclu en cas de conflit ».
Le Conseil des ministres israélien a approuvé, dimanche 10 juillet, le projet de tracé de la frontière maritime nord d'Israël, selon un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ce tracé délimite le secteur englobant les droits économiques d’Israël, dont l'exploitation des ressources naturelles.
 
Beyrouth, qu'Israël accuse d'empiéter sur son secteur, a réagi en assurant qu'il ne renoncerait pas à ses droits. «Aucun Libanais n'acceptera de renoncer à ses ressources énergétiques ni à ses droits maritimes», affirme Gibran Bassil, le ministre de l'énergie. Benjamin Netanyahu a précisé plus tôt que la limite fixée par le Liban à sa zone exclusive et présentée à l'ONU empiète sur celle d'Israël, et contrevient même à l'accord que ce pays a conclu avec Chypre en 2007. Il a assuré que son pays veut appliquer les principes du droit maritime international.
 
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a déclaré vouloir soumettre bientôt à l'ONU la carte des frontières maritimes de son pays. «Nous avons déjà conclu (en décembre 2010, ndlr) un accord en ce sens avec Chypre (...). Le Liban, sous la pression du Hezbollah, cherche des frictions, mais nous ne renoncerons pas à la moindre parcelle de ce qui nous revient », a-t-il assuré.
 
Selon le ministre libanais, « les accusations israéliennes sont un prélude à une agression, comme Israël nous y a habitués », rappelant que l'Etat hébreu n'est pas signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Cnudm), de 1982, contrairement à Beyrouth. Cette Convention n'est pas non plus signée par la Syrie et la Turquie, qui ont également des frontières méditerranéennes.


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