Enterrée, la séquestration européenne du carbone?

Le 20 janvier 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les systèmes de captage de CO2 ne peuvent équiper que les installations conçues à cet effet.
Les systèmes de captage de CO2 ne peuvent équiper que les installations conçues à cet effet.
Alstom

C’est un rude coup que des électriciens viennent de porter à l’un des principaux programmes européens de promotion du captage-stockage géologique de carbone (CSC). Figurant parmi les mécènes de la plate-forme Zéro émission (ZEP), EDF, Gas Natural Fenosa, RWE, Vattenfall ont annoncé, lundi 12 janvier, leur départ du programme européen.

Dans leur courrier, révélé par Reuters, les énergéticiens expliquent leur décision par l’impossibilité économique de déployer cette technologie en Europe: «Malgré le besoin de la société de disposer du CSC, nous ne disposons pas actuellement du cadre économique nécessaire en Europe pour faire du CSC une technologie attractive pour l’investissement», précisent-ils.

Il est vrai qu’une partie des investissements nécessaires à la réalisation des premières unités de captage-stockage de taille industrielle devait être co-financée par la vente de quotas d’émission de gaz à effet de serre, dans le cadre du programme NER 300.

fin du cycle

En 2008, Bruxelles prévoyait ainsi de favoriser la construction d’une douzaine d’unités dans l’Union européenne. Hélas, avec l’effondrement du prix des quotas et la baisse des consommations d’énergie qui a réduit les revenus des électriciens, le financement de la CSC est devenu hors de portée pour les électriciens.

«Les contributions de la ZEP ont été significatives depuis 2006 : diffusion continue d’information technique, établissement d’une feuille de route pour 12 démonstrateurs, création et diffusion de l’idée du NER 300, étude de coûts du CCS basée sur les résultats des pilotes. Je pense qu’en tant que plateforme technique la ZEP a été exemplaire, hélas elle n’a pas crié assez fort, ni assez tôt pour obtenir un business model alternatif au prix du carbone écroulé», estime l’un des industriels partenaires.

Interrogé par le JDLE, EDF confirme son retrait de la ZEP. «Mais cela ne signifie pas que nous nous désintéressons du sujet», explique l’un des porte-parole de l’opérateur historique. Les 4 énergéticiens vont ainsi rejoindre un groupe de travail coordonné par Eurelectric, leur lobby européen. Problème: le programme de travail de la task force n’existe pas encore, de l’aveu même d’Eurelectric. Le stockage géologique du carbone n’est pas tout à fait enterré. Mais il n’est pas près de voir le jour.

 



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