Enquête de terrain sur le lien leucémie benzène

Le 25 novembre 2004 par Christine Sévillano
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A Joinville-le-Pont, deux stations service ont été inspectées par l'inspection des installations classées à la suite de protestations de riverains. Ils craignent pour leur santé.

Le service des installations classées de la préfecture de Paris a mené récemment une inspection sur deux stations service de Joinville-le-Pont. La mairie avait demandé au début du mois l'intervention des agents de l'Etat suite à des plaintes des riverains concernant des émanations olfactives persistantes. Les stations de Joinville ne délivrent pas plus de 3.000 m3 par an, volume les obligeant néanmoins à installer un récupérateur de vapeurs. Les résultats sont donc très attendus.

Les riverains se sont en fait appuyés sur une étude publiée fin août par l'Institut national français de recherche médicale (Inserm) sur le lien entre leucémie infantile et proximité des garages et des stations essence. Réalisé par Jacqueline Clavel, directrice de recherches et épidémiologiste, le document publié fin août 2004 révéle qu'on a quatre fois plus de risque de contracter la maladie quand on habite à proximité d'un garage ou d'une station service dégageant du benzène. "La pathologie peut se déclarer à cause de facteurs génétiques, de pesticides ou d'autres éléments environnementaux. Mais dans notre étude, j'ai isolé le risque benzène connu comme étant cancérigène", explique Jacqueline Clavel. Elle a ainsi constitué un groupe de 280 malades et un échantillon de 285 enfants non atteints et elle a interrogé les mères. L'épidémiologiste a remarqué que les enfants malades vivaient en plus grand nombre à proximité des garages et stations. Pour autant Jacqueline Clavel demeure prudente: "Nous avons mené l'étude sur un petit groupe de personnes et le hasard pourrait avoir joué en notre défaveur. C'était la première fois qu'un lien entre garage et leucémie était établi, il faut donc attendre confirmation par le biais d'autres études".

L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) avait réalisé en 2002 une étude sur les émanations provenant de stations et plus particulièrement au moment où les utilisateurs se servent à la pompe. Les stations sont toutes équipées d'un récupérateur de vapeurs pour les camions citernes les approvisionnant mais pas systématiquement d'un système pour récupérer celles provenant du libre-service des clients. "L'essence très volatile s'évapore très vite, on peut d'ailleurs souvent constater du gras sur le sol à l'endroit où se servent les clients et les émanations peuvent se faire sentir dans l'environnement", explique Norbert Gonzalez-Flesca de la direction scientifique de l'Ineris. Toutefois, selon le chercheur, un dégagement important et persistant d'odeurs peut venir d'une fuite ou d'une rupture de canalisation. "L'inspection est vraiment nécessaire. Un tel cas s'est déjà vu à Dublin et il faut alors agir très vite car outre le problème de santé publique, on risque une pollution du terrain", poursuit-il. Autre possibilité: la pollution dégagée par les véhicules eux-mêmes. Norbert Gonzalez-Flesca rappelle aussi que le benzène n'est pas le seul élément toxique. D'autres additifs des carburants servant à atteindre un meilleur indice d'octane peuvent être dangereux pour la santé et entraîner des irritations des muqueuses provoquant rhume et asthme. "En fait, une station bien gérée qui possèdent les deux systèmes de récupération des vapeurs et qui est souvent nettoyée n'est pas gênante pour son voisinage. La route qui borde la station pollue alors plus que la station et son entourage", affirme Norbert Gonzalez-Flesca.



Les résultats de l'enquête sur les stations service de Joinville-le-Pont devraient être connus dans le courant du mois de décembre.




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