Enjeux climatiques et milieux financiers, dans deux espaces temps différents

Le 12 mai 2011 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Quand l’un se projette à long terme, l’autre prédit à court terme...

Les enjeux climatiques seraient très peu pris en compte dans les affaires financières existantes. C’est ce que révèle une étude commandée par l’Ademe au cabinet OTC Conseil. L’étude propose une grille identifiant, dans 17 secteurs principaux de l’économie, les impacts positifs et négatifs liés au changement climatique, les adaptations à engager, l’horizon de temps concerné via une série d’indicateurs clés (physiques, réglementaires, socioculturels, avals, amonts, sectoriels...), dont les différences géographiques et entre secteurs économiques.

 
Le document de l’Ademe qui a été publié aujourd’hui 12 mai, a pour but de faire émerger de bonnes pratiques mais surtout que « la place financière s’empare de ce sujet de manière proactive et concrète pour pouvoir influer de manière positive sur le contenu carbone des investissements à venir.»
 
« Au-delà de l’activité de prêt en faveur du développement durable, les acteurs financiers (banque et assurance) apparaissent de prime abord très dynamiques, en particulier sur la gestion d’actifs. Ils promeuvent l’investissement socialement responsable (ISR), se veulent acteurs des politiques climatiques via le marché des quotas d’émissions de Gaz à effet de serre (GES) ou se positionnent en financeurs de nouvelles technologies « vertes » (capital investissement ou private equity vert : investissement dans des start-up green tech, clean tech, etc.) » précise le document en introduction.  « Mais, outre les débats que l’on peut avoir sur chacun de ces produits (« matérialité » de l’ISR, utilité de la finance carbone, bulle verte), ces activités portent essentiellement sur des produits de niches. »
 
Pour 63% des enquêtés, les enjeux climatiques (changements climatiques et contraintes carbone) est un sujet incontournable qui ne représente pas seulement un risque mais aussi un vecteur d’opportunités.
88 % des analystes et autres acteurs de la finance interrogés sont convaincus que le changement climatique a un impact sur la valeur des entreprises et devrait, dans une optique à long terme, contribuer au choix des valeurs à insérer dans un portefeuille.
 
Toujours selon ce document, l’agriculture et le tourisme sont les secteurs économiques les plus sensibles aux conséquences physiques des changements climatiques. Les utilities (infrastructures énergie, eau, déchets), les transports et le secteur pétrolier apparaissent, en revanche, « surtout exposés aux facteurs réglementaires, avec notamment la question du prix du carbone. Dans ces secteurs particulièrement, des opportunités se font jour en parallèle, et certains acteurs sauront en tirer partie de manière significative ». Cependant, les informations disponibles, peu coordonnées, parfois imprécises et présentant de fortes hétérogénéités entre secteurs ne semblent pas, à l’heure actuelle, permettre une prise en compte directe du changement climatique par les analystes financiers.
 
En conclusion, 3 écueils majeurs gênent aujourd’hui la prise en compte du changement climatique par les analystes financiers : l’hétérogénéité des informations disponibles, l’inexistence d’un cadre d’analyse référent et la faiblesse des moyens consacrés par les financiers au regard de l’importance qu’ils donnent au sujet dans leur discours public. Pourtant, des pistes de réflexion existent et les évolutions en termes de régulation (G20, Bâle 3...) que connaît le secteur financier pourraient permettre à terme une amélioration de la situation.
« La probable incompatibilité entre l’horizon à long terme du changement climatique et celui de court terme des marchés financiers limite néanmoins l’émergence de pratiques d’analyse financière concrètes ». Le rapport précise aussi : « Une évolution majeure est sans doute nécessaire pour que les financiers se donnent réellement les moyens de prendre en compte les enjeux climatiques, au-delà des marchés de niche ».
Enfin, « les réformes envisagées du secteur financier, visant à faire allonger son horizon temporel et l’imminence des conséquences du changement climatique », pourraient pousser les financiers à s’engager plus avant.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus