Enfants sans bras: de nouveaux cas confiés au registre Remera

Le 15 novembre 2018
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18 cas rapportés dans l'Ain entre 2000 et 2014
18 cas rapportés dans l'Ain entre 2000 et 2014
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Le ministère de la santé tente de déminer la polémique dans l’affaire des enfants nés sans bras: dans l’Ain, l’enquête sur les 11 cas supplémentaires sera bien confiée au registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes (Remera), a annoncé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, jeudi 15 novembre lors d’un point presse.

Saura-t-on le fin mot de l’affaire des enfants nés sans bras? Début octobre, Santé publique France publiait trois rapports à ce sujet, chacun relatif à l’un des trois «clusters» observés en France. Résultat: il existe bien une surincidence significative de malformations des membres supérieurs à Mouzeil (Loire-Atlantique) et à Guidel (Morbihan), mais rien d’anormal autour de Druillat (Ain). Aucune cause n’a été identifiée, bien que plusieurs associations évoquent la piste des pesticides –les familles concernées résident en zone rurale.

Or de l’avis de plusieurs experts, le rapport relatif à l’Ain, le seul à ne pas être signé, recèle d’étonnantes failles statistiques. La plus frappante d’entre elles: les sept cas rapportés lors de la publication de l’étude n’ont été analysés que commune par commune, puis à l’échelle du département, jamais sur les sept communes concernées.

En toile de fond, de vives tensions, aussi bien personnelles que scientifiques,existent entre d’une part la directrice du registre Remera, Emmanuelle Amar, et d’autre part l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et Santé publique France.

Remera sauve sa peau

Alors que la polémique montait, Remera, menacée de fermeture, a finalement eu la vie sauve, comme l’a confirmé Jérôme Salomon, directeur général de la santé, lors d’un point presse organisé jeudi 15 novembre au ministère de la santé, et ayant trait au dispositif de surveillance de ces malformations.

«La polémique ne doit pas continuer, les questions sont trop importantes. Il n’y a pas d’épidémie [de malformations des bras, ndlr] en France, mais il faut répondre aux questions et à la souffrance des familles (…) On a besoin de la mobilisation de tous pour rechercher toutes les causes potentielles, environnementales, toxicologiques, infectieuses, etc.», a déclaré le DGS, cité par l’Agence France-Presse (AFP). Selon lui, «on a besoin de ce registre [Remera, ndlr]. Il n’y a pas de sujet Emmanuelle Amar, elle n’est plus concernée par une éventuelle procédure» de licenciement.

Des cas supplémentaires confiés à Remera

Depuis les sept cas de l’Ain rapportés par Remera, Santé publique France a annoncé, fin octobre, l’existence de 11 cas supplémentaires survenus entre 2000 et 2014 dans le département, inscrits dans le registre national hospitalier PMSI (Programme de médicalisation des systèmes d’information). Leur analyse a été confiée à Remera, ce qui ressemble fort, selon Emmanuelle Amar, à un cadeau empoisonné.

«Santé publique France nous confie la seule tâche impossible: retrouver les autres cas suspects dans l’Ain qu’ils affirment connaître mais sans disposer d’aucune information sur eux», a déploré la présidente de Remera. Santé Publique France «n’a rien sur eux: pas de date de naissance, pas d’identité, pas de nom de maternité. En l’état, les investigations sont impossibles», a-t-elle ajouté.

Au-delà de ces 11 cas suspects, une enquête nationale a été lancée afin de découvrir d’autres cas de malformation des membres supérieurs, éventuellement pour en découvrir les causes. Cette étude, dont les résultats sont attendus début 2019, a été confiée à Santé publique France et à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), appelée à la rescousse.



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