Enfants: les inégalités sociales sont aussi alimentaires

Le 06 février 2013 par Romain Loury
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Une alimentation qui dépend du porte-monnaie des parents
Une alimentation qui dépend du porte-monnaie des parents

Les enfants et adolescents des classes défavorisées ont globalement une moins bonne alimentation que ceux de milieux plus aisés, avec notamment une moindre consommation de fruits et légumes, montre une étude publiée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

Rien de neuf sous le soleil: les familles défavorisées, et donc leurs enfants, mangent moins équilibré et sont plus souvent en surpoids. L’originalité des travaux de l’Anses, menés sur les données de l’étude Inca2, réside dans le fait qu’ils détaillent en quoi ces disparités socio-économiques consistent réellement, aliment par aliment, nutriment par nutriment.

Inégalité la plus forte, la consommation de fruits et légumes: les enfants dont le milieu socio-économique est plus bas en consomment environ 75 grammes de moins par jour que ceux de milieux plus aisés. Soit une portion de moins, alors qu’il est recommandé d’en consommer 5 par jour. A l’inverse, leur consommation de viande et de féculents est plus élevée.

Autre différence importante, les boissons sucrées, dont les adolescents peu fortunés consomment 90 millilitres de plus par jour que ceux des classes socio-économiques élevées. Mais excepté les boissons, les produits sucrés sont plus courants dans les classes favorisées, ce qui s’expliquerait par une faible consommation de fruits en compotes ou en sirop, ainsi que de confiseries, chez les enfants de milieux moins aisés.

De manière inattendue, les experts de l’Anses n’ont pas trouvé de différence quant à la consommation de poisson. La consommation de produits laitiers est globalement similaire, si ce n’est que les enfants des foyers les plus pauvres boivent plus de lait, tandis que ceux des foyers aisés mangent plus de yaourts.

Si l’étude ne montre pas de différences majeures sur les apports spécifiques en protéines, lipides et glucides, plusieurs marqueurs de qualité de l’alimentation, tels l’adéquation nutritionnelle moyenne -qui mesure les écarts avec les besoins nutritionnels moyens- sont plus faibles dans les milieux moins favorisés.

La différence est toutefois très modeste, au maximum de 2,7% entre catégories extrêmes, tandis que l’apport énergétique total est similaire. Reste donc à expliquer les écarts d’indice de masse corporelle (IMC), de 1 kg/m2 chez les enfants, de 1,2 kg/m2 chez les adolescents.

«L’équilibre énergétique étant lié à une balance entre l’apport calorique et la dépense énergétique, ces constats conduisent à mettre en avant le rôle potentiel de la sédentarité et du niveau d’activité physique dans le surpoids et l’obésité des enfants et adolescents», commente l’Anses.

Autre découverte, ce n’est pas le revenu de la famille qui importe le plus dans l’alimentation, mais le niveau d’études des parents. «A niveau de vie équivalent, les consommations alimentaires et la qualité de l’alimentation varient selon le niveau d’études du représentant», explique l’agence. Selon elle, ce phénomène serait lié à une moindre connaissance des messages nutritionnels.

Dans son rapport, l’Anses précise qu’elle n’extrapole pas ces résultats aux familles vivant en grande précarité, peu représentées dans l’étude Inca2. «Des études spécifiques concernant les enfants et adolescents en situation de grande pauvreté devraient être mises en place», propose-t-elle.



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