Enfants: le lait maternel en prévention de l’hyperactivité?

Le 22 mai 2013 par Romain Loury
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Moins d'hyperactivité chez les enfants allaités
Moins d'hyperactivité chez les enfants allaités

L’allaitement maternel pourrait être lié à un moindre risque de troubles de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant, révèle une étude israélienne publiée dans la revue Breastfeeding Medicine.

Largement reconnu pour ses bienfaits physiques pour l’enfant, l’allaitement maternel aurait aussi une influence positive sur le développement mental. Il se pourrait même qu’il prévienne en partie le TDAH, un syndrome en hausse chez les enfants des pays occidentaux, révèle l’équipe de Nehama Linder, de l’université de Tel-Aviv.

Les chercheurs ont étudié trois groupes d’une cinquantaine d’enfants âgés de 6 à 12 ans: le premier était atteint de TDAH, le deuxième en était exempt tandis que le troisième était composé d’enfants dont un frère ou une sœur était touché –groupe contrôle permettant d’éviter d’éventuels effets liés à l’héritage génétique ou à l’environnement familial.

Jusqu’à l’âge d’un an, les enfants sans TDAH étaient plus souvent allaités que ceux qui développaient le syndrome par la suite: ils étaient 73% à être nourris au sein à l’âge de trois mois, contre seulement 43% des enfants qui en seraient atteints plus tard. A un an, ces taux étaient de respectivement 33% et 11%.

S’il est difficile de conclure de manière certaine à un lien de causalité, les chercheurs montrent que le facteur allaitement demeure significatif après prise en compte de tous les autres facteurs de risque de TDAH. Reste aussi à mieux comprendre si l’éventuel effet préventif est lié au lait maternel lui-même, ou bien au lien ainsi tissé entre la mère et son enfant.

Si le facteur psychologique est probable, il se pourrait que le lait maternel joue un rôle direct. En 1992, une étude britannique avait ainsi montré que les enfants prématurés nourris quelques semaines avec du lait maternel par voie nasale (donc sans contact direct avec leur mère) présentaient à l’âge de 8 ans un quotient intellectuel plus élevé d’environ 8 points par rapport à des enfants nourris de la même manière, mais avec du lait maternisé.

Selon l’étude française Epifane, publiée en septembre 2012 par l’Institut de veille sanitaire (InVS), 54% des nourrissons âgés de 1 mois seraient allaités en France, et seulement 35% de manière exclusive, des chiffres très en deçà d’autres pays européens. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande «vivement» l’allaitement exclusif jusqu’à au moins 4 mois, si possible 6 mois, âge auquel l’alimentation peut être diversifiée.



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