Energy Observer poursuit sa traversée verte

Le 12 février 2020 par Victor Miget
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Energy Observ'Er entame son tour du monde à partir du 17 février
Energy Observ'Er entame son tour du monde à partir du 17 février
Energy Observ'ER / amelie-conty

Le bateau Energy Observer prendra une nouvelle fois la mer le 17 février prochain. Objectif : un tour du monde pour prouver encore et toujours la fiabilité des technologies propres qu’il embarque et promouvoir les initiatives durables de par le monde.

 

Nouvelle aventure à l’horizon pour le bateau laboratoire Energy Observer. L’étrange catamaran s’apprête à reprendre la mer pour un tour du monde afin de faire la promotion des énergies renouvelables. C’est ce qu’ont rappelé Victorien Erussard, fondateur et capitaine d’Energy Observer, et Jérôme Delafosse, organisateur du projet, lors d’une conférence de presse ce mercredi.

Autonome en énergie, zéro émission, zéro particule fine et zéro bruit, ce navire est équipé d’un mix énergétique 100% renouvelable. Surtout, il est capable de produire son propre hydrogène nécessaire à son fonctionnement grâce à l’électrolyse de l’eau de mer. Une première. Au total, il combine trois sources d’énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrolien) et deux formes de stockage (batteries et hydrogène). « La mission du navire et de son équipage est de tester ces technologies de pointe en milieu extrême (chaud et froid, ndlr), pour permettre un retour d’expérience concret sur ce système énergétique intelligent », rapporte un communiqué.

Avec une première expédition en 2017 et 18.000 milles nautiques (33.000 km) au compteur, on peut dire que le navire a déjà vu du pays. L’été dernier, la curieuse embarcation a même rejoint l’archipel du Svalbard dans l’océan Arctique. Et le mix énergétique a tenu le coup jusqu’ici. Mix que Victorien Erussard et Jérôme Delafosse espèrent devenir le futur de l’énergie, sur mer comme sur terre.

Promotion énergies renouvelables

L’Energy Observer entamera son tour du globe mi-février pour une nouvelle opération séduction. Les marins partiront de Saint-Malo pour terminer leur périple sur le fleuve Hudson, à New-York, au pied du siège de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Entretemps, le bateau jettera l’ancre en Californie, aux Galápagos, en Australie... Il voguera également vers l’Inde, l’Afrique australe, l’Amérique du Sud ou encore Tokyo (Japon) en août prochain. A l’occasion des Jeux Olympiques 2020, Victorien Erussard et Jérôme Delafosse feront partis des porteurs de la flamme olympique. Pas un hasard, puisque le pays du Soleil Levant mise beaucoup sur l’hydrogène pour l’avenir. Quelques 250.000 foyers sont déjà équipés d’une pile à combustible et l’archipel vise les 40.000 véhicules à hydrogène en 2020 et 800.000 en 2030.

Ce périple ne vise pas seulement à éprouver les technologies de l’Energy Observer. Il s’agit aussi d’un « tour du monde des initiatives positives et durables pour la planète ». L’équipage du catamaran ira une fois encore à la rencontre des « pionniers de la transition écologique et solidaire ». Les marins se feront documentaristes et présenteront des projets durables liés à l’énergie, la gestion des déchets, l’agriculture raisonnée, la protection de la biodiversité, etc. D’ailleurs, depuis que l’Energy Observer est à l’eau, l’équipage filme déjà une série de documentaires « L’Odyssée pour le futur ». « Cette série est une banque de données de solutions vraiment concrètes », assure Jérôme Delafosse. A cela s’ajoutent une web-série et des lives, destinés à faire découvrir ces initiatives au grand public.

Un navire boosté

Avant de reprendre la mer, l’embarcation est passée par la case « tunning ». Mais ici, pas de moteur surpuissant qui carbure aux énergies fossiles. Juste l’ajout de 37 m2 de panneaux solaires et l’installation d’une nouvelle pile à combustible signée Toyota, d’une puissance maximale de 114 kW (utilisée ici à environ 50% pour optimiser son rendement). Sans oublier des hélices prototypes avec pales à angle adaptable qui viendront optimiser la consommation d’énergie du navire. En outre, le catamaran embarque 202 m2 de panneaux photovoltaïques et des ailes rigides automatisées baptisées « Oceanwings ». De quoi soutenir un rythme élevé dans les alizés, tout en soulageant les moteurs. Un système que les deux comparses espèrent bien voir un jour sur les navires des armateurs