Energies vertes en Ile-de-France: un potentiel encore mal exploité

Le 21 juillet 2010 par Thérèse Rosset
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La région parisienne se déclarait en 2009 « première éco-région » d’Europe. Abus de langage ou réalité ? La publication du rapport d’activité de l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies (Arene) d’Ile-de-France permet de faire le point sur la situation énergétique francilienne. Les efforts pour diversifier les sources d’énergie sont appréciés des acteurs associatifs. Mais ils regrettent un manque de dynamisme de la part des collectivités.

L’Arene, crée en 1994, véritable « bras armé-environnement » du Conseil régional (subventionnée à 95% par ce dernier) consacre la plus grande partie de son action au secteur de l’énergie. Poste de travail essentiel lorsque l’on sait que l’Ile-de-France représente à elle seule 15% de la consommation d’énergie française.

La région francilienne ne cesse de réfléchir au développement des énergies renouvelables. Et l’Arene part régulièrement à la recherche des « bonnes pratiques » aux quatre coins de France, mais aussi d’Europe, dans le but d’appliquer ces méthodes innovantes en Ile-de-France.

«Nous travaillons avant tout sur la sobriété et l’efficacité énergétique par la sensibilisation avant de mettre en place des installations d’énergies renouvelables », explique Marie-Laure Falque Masset, chargée de mission Energie de l’Arene.

Animé par l’Agence, le Réseau d’observation statistique de l’énergie en Ile-de-France (ROSE) regroupe 12 institutions [1] qui mettent en commun leurs données de consommation énergétique. Objectif : mesurer l’impact des économies d’énergies.

L’Agence, qui travaille en étroite collaboration avec l’Ademe et les agences locales de l’énergie, s’enthousiasme du boom du photovoltaïque : + 64% entre septembre 2009 et mars 2010 dans la région. « Mais il ne faut oublier que l’on partait de très loin par rapport à d’autres régions », fait remarquer la chargée de mission. Cette explosion s’explique par les nombreuses mesures incitatives mises en place comme le crédit d’impôt ou le tarif d’achat élevé.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a annoncé l’objectif de 200.000 m² de panneaux solaires (équivalents à 20 mégawatts) installés d’ici 2014. « La ville dispose aujourd’hui seulement d’1 MW », rappelle Yannick Regnier, chargé de mission politique locale de l’énergie au Comité de liaison énergies renouvelable (Cler). Les associations sont persuadées que le photovoltaïque est un enjeu d’avenir, mais dans le long terme.

Il en va différemment de l’éolien, amené à se développer plus rapidement, à en croire Yannick Regnier. L’énergie éolienne produit 0,06 MW en Ile-de-France, autant dire quasi-rien. Jean-Louis Borloo, le ministre chargé de l’environnement a fixé l’objectif de 19.000 MW en France pour 2020, ce qui équivaudrait aux alentours de 800 MW par région. L’Ile-de-France est donc très loin du compte . « L’éolien n’a pas bonne presse dans la région, et rencontre plus d’oppositions que le solaire. Beaucoup de communes font preuve de conservatisme », regrette l’expert du Cler. L’Arene a pourtant remarqué un certain dynamisme des collectivités, qui cherchent à s’informer sur les possibilités de l’éolien urbain (hélice de petite taille placée sur le toit). «Il est certain que l’éolien ne représente pas le potentiel le plus élevé d’Ile-de-France », concède Marie-Laure Falque Masset.

« La géothermie est très adaptée à la région. Sa forte densité permet de rentabiliser les installations souterraines », estime Yannick Regnier, du Cler, qui affiche de grands espoirs. Cette énergie issue de la terre alimente déjà 7% des besoins en chaleur de la région (voir JDLE du 20 juillet ). Avec une trentaine de réseaux thermiques fournissant 150.000 équivalents logements, l’Ile-de-France est une des régions prometteuses (avec l’Aquitaine). En tout, 125 réseaux de chaleur (comprenant entre autre la géothermie, la combustion des déchets, ordures ménagères, …) sont en marche.

Si la production d’énergie hydraulique n’est pas adaptée à la géographie parisienne, il n’en va pas de même pour la biomasse, promue également à un bel avenir, selon le Cler. « Les forêts de la petite couronne offrent un potentiel », constate le chargé de mission énergie. La chaufferie au bois de Cergy-Pontoise (lancée en 2009), d’une capacité de 25 MW, est la plus grande de France. « Mais un plus gros effort reste à faire en matière de biomasse », conclut Yannick Regnier.

L’Arene, comme le Cler s’attendent à ce que ces questions évoluent suite à l’élection en mars dernier de la vice-présidente du conseil régional, Hélène Gassin (Europe Ecologie) « écologiste convaincue ».

 



[1] Conseil régional d'Île-de-France, ADEME, AIRPARIF, ARENE, CRCI, DRIRE, EDF, GDF SUEZ, IAU, SIGEIF, SIPPEREC, STIF



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