Energies renouvelables recherchent financements citoyens

Le 23 septembre 2014 par Stéphanie Senet
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L'installation d'une pâle d'éolienne par les habitants de Béganne
L'installation d'une pâle d'éolienne par les habitants de Béganne

Energie partagée, le fonds solidaire pour les projets locaux de transition énergétique a lancé, le 22 septembre, sa troisième campagne de collecte. L’occasion de dresser un premier bilan après trois ans de financements citoyens.

Trois ans après le lancement de sa première collecte, Energie partagée a recueilli 6,5 millions d’euros auprès de 3.600 citoyens actionnaires. Des fonds qui ont permis de financer 13 projets, comme Bégawatts à Béganne (Ille-et-Vilaine). Ses 4 éoliennes, payées par plus de 1.000 habitants, assurent désormais l’approvisionnement en électricité de 8.000 foyers. A Yssingeaux (Auvergne), la coopérative Ere 43 fournit pour sa part de la chaleur à 1.000 foyers.

 

«De plus en plus de collectivités et de citoyens veulent s’investir dans des projets d’énergies renouvelables car ils permettent de mettre en valeur les richesses locales, de créer de l’emploi, de retrouver le lien entre production et consommation, de sortir de la dépendance énergétique et de réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Maintenant, il faut que l’on sorte de la confidentialité, comme c’est déjà le cas en Allemagne, en Belgique, au Danemark», lance Christel Sauvage, présidente de l’association.

 

Comme 20 projets sont toujours dans les tuyaux, en attente d’un financement, Energie partagée recherche au moins 3 M€ supplémentaires. L’association profite de l’examen en commission spéciale des amendements au projet de loi sur la transition énergétique (ciblant la réduction du nucléaire de 75% à 50% de la consommation d’énergie en 2050), à partir du 24 septembre, pour lancer son appel.

 

Déjà 500 M€ investis en Belgique

 

En Belgique, le mouvement pour un financement solidaire a été lancé par la coopérative de production et de distribution d’énergie EcoPower. «50.000 Flamands ont déjà investi près de 500 M€, ce qui nous permet de fournir de l’électricité renouvelable à 1,5% des foyers», explique Dirk Vansintjan, son président. L’urgence est d’autant plus grande que les responsables politiques belges, qui ont chiffré la transition à 400 Md€ d’ici 2050, ont prévenu qu’ils ne comptaient pas mettre un centime pour l’instant.

En France, moins de 10% de l’épargne placée sur les livrets Développement durable sert effectivement à financer des projets favorables au développement durable, selon Amandine Albizzati, présidente du fonds d’investissement d’Energie partagée. L’épargne solidaire apparaît donc comme une alternative nécessaire.

 

Des dispositions timides dans le PLTE

 

Quelques dispositions du titre V du projet de loi relatif à la transition énergétique (PLTE) s’y intéressent, et en particulier l’article 27, ouvrant la possibilité à toute société productrice d’énergie renouvelable (société commerciale, groupement d’intérêt économique, ou coopérative) d’ouvrir une part de son capital aux citoyens. Les collectivités peuvent elles aussi détenir des actions d’une société assurant l’approvisionnement énergétique de leur territoire et participer jusqu’à 50% du capital selon la loi du 31 juillet 2014 sur l’économie sociale et solidaire.

Energie partagée souhaiterait aller plus loin, avec l’ouverture des exonérations fiscales prévues pour les entreprises solidaires aux projets d’ENR (une disposition inscrite puis retirée du PLTE), et la revente possible d’électricité à d’autres opérateurs qu’EDF. De leur côté, les députés écologistes ont déposé un amendement permettant d’offrir un soutien supplémentaire (majoration du tarif d’achat et de la rémunération à définir par décret) aux installations financées en partie par de l’épargne solidaire (amendement 1567).

Si la production d’énergie renouvelable paraît facilitée, les économies d’énergie devraient aussi pouvoir bénéficier de ce nouveau mode de financement. «C’est encore difficile de promouvoir ce type de projet en tant que tel mais on peut déjà le combiner avec une production d’ENR, comme c’est le cas de la société d’économie mixte francilienne Energies posit’if», note Christel Sauvage.



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