Energies renouvelables: le rapport de l’Ademe est de sortie

Le 08 avril 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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700 gigaWatt à installer
700 gigaWatt à installer
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Pré-enterré par les autorités, le scénario tout-renouvelable de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a été publié par Médiapart. Il examine les conditions dans lesquelles la France pourrait produire l’intégralité de son courant avec des énergies vertes. Conclusion: c’est possible. Mais ce n’est pas donné.

Prévu pour être rendu public à l’occasion d’un prochain colloque, le scénario 100% énergies électriques renouvelables de l’Ademe avait mystérieusement été retiré du programme. «Pas encore finalisé», disait-on dans l’entourage de Bruno Léchevin, président de l’agence.

 

14 mois de réflexion

 

Un pieux mensonge. Car Médiapart met en ligne, ce mercredi 8 avril, ledit rapport, qui est tout ce qu’il y a de plus finalisé. Pesant ses 120 pages sur la balance, le document est le fruit de 14 mois de phosphoration des experts de l’Ademe et de la Direction générale de l’énergie et du climat. Il imagine comment la France pourrait, vers 2050, satisfaire ses besoins énergétiques avec les seules énergies vertes.

 

Car, avec un potentiel de production (toutes sources d’énergies renouvelables confondues) de 1.268 térawattheures par an, l’Hexagone a la capacité de produire trois fois plus d’électricité qu’elle pourrait en consommer dans 35 ans. Les actions de maîtrise de la demande permettant de limiter entre 406 et 487 TWh la consommation annuelle tricolore.

700 GW à bâtir

Tout ou presque reste évidemment à construire. La puissance à installer est estimée à 700 gigawatts: environ 7 fois le parc de production d’électricité actuel. L’essentiel pourrait être fourni par les panneaux photovoltaïques sur toiture (364 GWc) et les différents types d’éolien: terrestre (174 GW), marin posé (20 GW) et marin flottant (46 GW). La composition du bouquet énergétique dépendra de l’évolution des techniques. Car l’éolien flottant est encore balbutiant, tout comme la production du gaz de synthèse (power-to-gas) à partir d’énergies renouvelables.

 

Au plan régional, ce sont l’Aquitaine, la Bretagne, Midi-Pyrénées, le Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes qui devront s’équiper le plus lourdement: au moins 50 GW chacune.

Plein de stockage

Les problèmes d’équilibre entre l’offre et la demande causés par l’intermittence de la production, notamment solaire et éolienne, seront résolus par un accroissement des capacités de stockage (via de nouvelles stations de pompage-turbinage ou le power-to-gas) et un fin pilotage de la demande: «10,7 millions de véhicules électriques ou hybrides rechargeables dont on optimise la recharge à des bornes, pour moitié situées sur le lieu de travail et l’autre moitié au domicile, cela représente une flexibilité annuelle de 16 TWh, avec une pointe de 7 GW» détaille le rapport.

Une facture en hausse

Moins drôle, notamment pour les amoureux des paysages, il faudra aussi fortement accroître les capacités des interconnexions avec les pays voisins et entre les régions. Le réseau de distribution devra sans doute être redimensionné pour intégrer la production flexible de millions d’usagers.

 

Selon le mix énergétique retenu et le rythme de la transformation du système électrique, le montant des investissements à réaliser sera différent. Le rapport fixe une fourchette allant de 48 à 63 milliards d’euros par an. Les consommateurs devront aussi s’attendre à voir grimper le prix de l’électron: 119 €/MWh. Ce qui est près du triple du prix actuellement observé sur les marchés de gros. Un devis qui appelle, s’il en était encore besoin, à l’avènement rapide d’une taxe carbone efficace.



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