Energies renouvelables: Engie présente sa stratégie

Le 03 septembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Engie prévoit de mettre en service 9 GW de capacités renouvelables d'ici à 2022.
Engie prévoit de mettre en service 9 GW de capacités renouvelables d'ici à 2022.
Siemens

Le groupe dirigé par Isabelle Kocher va accroître la capacité de son parc de production d’électricité verte et développer son offre de contrats de gré à gré à long terme, les PPA.

 

Depuis trois ans, «décarbonisation, décentralisation, digitalisation» résument la stratégie d’Engie. Ce qui ne fait pas rêver les investisseurs. Depuis janvier 2016, le cours de l’action de l’énergéticien a baissé de 13%. Dans le même temps, le CAC 40 s’est engraissé de plus de 25%. Ce n’est pas le grand enthousiasme. D’où l’importance d’annoncer des lendemains qui chantent. Notamment dans les énergies renouvelables.

réorganisation

Ces dernières semaines, le challenger d’EDF a fait parler de lui. Engie s’est réorganisé par thématique. Les business units géographiques seront complétées par des global business lines (GBL) thématiques «devant donner une perspective mondiale sur chaque sujet», précise la directrice générale adjointe Gwenaëlle Avice-Huet. Créé en juillet dernier, la GBL renouvelables a été confiée à Thierry Kalfon (ENA), ancien directeur financier adjoint du groupe.

machine à cash

Sa mission est simple: faire de l’hydroélectricité, de l’éolien et du photovoltaïque, dont Engie est le deuxième opérateur en France, des machines à cash. Ce qui n’est pas toujours le cas aujourd’hui. Les 17,5 GW de capacités installées (dont 7,3 GW en France) ont, certes, apporté, l’an passé, plus d’un milliard d’euros, soit 20% du résultat opérationnel courant (ROC) 2018 d’Engie. Mais le groupe estime pouvoir faire mieux encore.

9 GW de capacités nouvelles

D’abord, en accroissant la taille de son parc de production. Le groupe prévoit d’investir 2,5 milliards d’euros pour développer (en partenariat) 9 GW de capacités nouvelles en trois ans, tant à l’international qu’en France (1,2 GW). «Nous avons déjà engagé la construction ou sécurisé 8,5 GW», avance Gwenaëlle Avice-Huet. Le solde pourrait être trouvé en installant des centrales photovoltaïques sur les sites d’enfouissement technique de Suez, avec laquelle Engie a conclu un partenariat.

Du classique, donc, qu’il ne faut pourtant pas négliger. Un exemple: l’éolien terrestre français rémunère ses investisseurs à des taux compris entre 4 et 5% l’an. Ca reste bien supérieur aux produits des obligations d’Etat.

savoir-faire

Mais toute la stratégie verte du groupe n’est pas assise sur un développement de capacité. Le cœur du réacteur s’appelle PPA (Power Purchase Agreement). Peu connus en Europe, ces contrats à long terme permettent à des entreprises ou des collectivités souhaitant décarboner leur électricité d’enlever toute la production d’un parc éolien ou d’une centrale PV. En Allemagne, Daimler entend alléger ainsi son bilan carbone.

Un exemple qui devrait être suivi. A la grande satisfaction des actionnaires d’Engie. «Plus un produit est risqué et complexe, plus son taux de rentabilité est élevé», confirme Thierry Kalfon. Engie dispose d’un solide savoir-faire en la matière. Le groupe a déjà vendu la production de 3 GW de capacités vertes américaines au distributeur Target, à l'université de Boston ou à l'opérateur de téléphonie mobile T-Mobile.

La moitié des nouvelles capacités mises en service d’ici à 2021 nourriront ces contrats de gré à gré. De quoi faire progresser de 8 à 10% par an le ROC des renouvelables d’Engie.

 

 

 



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