Energies renouvelables: accord surprise en Europe

Le 14 juin 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Après un échec sur l'efficacité énergétique, les Européens se sont accordés sur les ENR.
Après un échec sur l'efficacité énergétique, les Européens se sont accordés sur les ENR.
Claude Turmes

 

En 2030, les 27 devront consommer 32% d’énergies renouvelables.

 

C’est presque inespéré. Dans la nuit du 12 au 13 juin, les négociateurs de la Commission, du Parlement européen et du Conseil sont parvenus à un accord politique ambitieux sur l’utilisation accrue des sources d’énergie renouvelables en Europe. Au terme de ce trilogue, qui met un terme au processus de la directive Energies renouvelables, l’Union européenne s’oblige à consommer 32% d’énergies ‘vertes’ à l’horizon 2030, contre 20% en 2020. Bien mieux que les 27% initialement proposés par la Commission européenne.

Volume d’investissements. Si elle se félicite de l’accord européen, l’agence internationale des énergies renouvelables (Irena) remarque qu’à volume d’investissement comparable, les 27 auraient pu s’offrir 34% d’énergies renouvelables en 2030 au lieu des 27% finalement décidés. C’est aussi ça la baisse du coût des ENR.

L’objectif pourra même être revu à la hausse dès 2023, précise le Parlement européen. «C’est la première fois depuis l’Accord de Paris que l’Europe accroît ses ambitions en matière d’énergies décarbonées», se félicite Neil Makaroff, responsable Europe au Réseau Action Climat.

Quid de la gouvernance?

Mais, faute de texte, le diable peut encore se cacher dans les détails. Comme prévu, la nouvelle directive ne fixera aucun objectif national. «Ce sera le rôle de la directive fixant les futures règles de gouvernance pour l'union de l'énergie», détaille Neil Makaroff. Un texte dont le contenu doit être encore débattu lors du second semestre.

coup d'arrêt à l'huile de palme

Pour autant, on peut compter quelques acquis de taille. Si la décision adoptée au petit matin ne souffle mot d’un quelconque objectif dédié aux ENR électriques, il se montre plus précis pour les transports: 14% d’énergie renouvelable consommée en 2030. Avec un coup d’arrêt donné aux agrocarburants de première génération qui verront leur objectif stabilisé à 7%. Le compte à rebours est, en revanche, enclenché pour l’huile de palme. A partir de 2030, celle-ci ne pourra plus être importée pour servir à la fabrication de biodiesel.

Mauvais début de soirée. La soirée avait mal débuté. Le trilogue avait commencé par ne pas trouver d’accord sur la révision de la directive sur l’efficacité énergétique. Les discussions sont repoussées aux calendes grecques.

Le coup de frein donné au développement de l’éthanol et du biodiesel devrait du même coup doper le véhicule électrique. Nouveauté: un statut devrait être accordé aux autoconsommateurs d’électricité d’origine renouvelable. «Ce qui permettrait, comme en Allemagne, de donner aux citoyens la clé de la transition énergétique», s’enthousiasme Neil Makaroff. «Reste à savoir quelles seront les règles exactes, notamment celles encadrant les relations entre les autoconsommateurs et les gestionnaires de réseau», rappelle, prudent, Richard Loyen, délégué général d’Enerplan.

Encore 6 textes à adopter

Avec l’adoption définitive de la révision de la directive ENR, c’est le deuxième texte du paquet hivernal qui est gravé dans le marbre législatif, après celui sur l’efficacité énergétique des bâtiments. Les Etats membres disposent de 18 mois pour le transposer dans leur droit national. Il reste encore 6 projets de textes à valider pour finaliser le paquet hivernal.

 



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