Energies: les renouvelables comme modèle, le nucléaire en appoint... en 2030?

Le 07 novembre 2017 par Marine Jobert
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Fessenheim fermera bien pendant le quinquennat.
Fessenheim fermera bien pendant le quinquennat.
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Nicolas Hulot se donne un an, le temps de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), pour annoncer le calendrier de fermeture des réacteurs qui réduira la part du nucléaire à 50% du mix, pourtant promis pour 2025. Un temps pour convaincre les Français de la nécessité des renouvelables pour atteindre les objectifs climatiques.

Bye-bye 2025. Nicolas Hulot a dit tout haut «ce que beaucoup savaient sans vouloir l’énoncer»: la diminution de 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique français sera plus lente que prévu. En cause, paradoxalement, la nécessité pour la France de tenir ses engagements, notamment climatiques. Car, sauf à relancer les centrales à charbon et allumer davantage celles qui fonctionnent au gaz, l’échéance de 2025 n’était pas tenable «sans rogner nos objectifs sur les changements climatiques». «Dans un an», a assuré le ministre de l’écologie à l’issue d’un conseil des ministres anticipé (soit le temps de boucler la révision de la PPE d’ici la fin 2018, pour les périodes 2018-2023 et 2024-2028), le gouvernement sera en mesure d’annoncer «combien de réacteurs seront fermés, à quelles échéances et sur quels critères». Un petit tacle à l’équipe précédente puisque, «depuis le vote de la loi, aucune mesure n’a été prise pour réduire la part du nucléaire. C’est absolument ce que nous souhaitons ne pas reproduire.»

Aura-t-on assez d’électricité cet hiver? Oui, même si, avec l’arrêt définitif des moyens de production au fioul en 2017 et 2018, le système électrique est ajusté aux besoins électriques de la France. Gare aux vagues de froid durables ou aux baisses de disponibilité du parc nucléaire, qui pourraient amener RTE à «utiliser graduellement les solutions exceptionnelles pour maintenir la sécurité d’alimentation électrique». 3 à 4 réacteurs nucléaires seront à l’arrêt cet hiver, un planning bien plus favorable que l’hiver précédent (12 en décembre 2016 et 5 en janvier 2017).

Faire accepter les ENR

D’ici là, trois principaux chantiers se dressent sur le chemin de la «révolution énergétique» que Nicolas Hulot estime d’ores et déjà avoir entamée. Primo, la réduction des consommations d’énergie, qui montre pour la première fois «une légère inflexion», laquelle sera complétée par une politique «à grande échelle» sur l’efficacité énergétique. Le plan de rénovation thermique sera soumis à concertation à partir du 9 novembre, a précisé Nicolas Hulot, qui n’a pas évoqué la question délicate de la consommation d’énergie des véhicules électriques appelés à se multiplier. Secundo, le développement des énergies renouvelables, «qui se heurtent à des résistances, une inertie et des aspects réglementaires lourds. (…) Si nous n’arrivons pas à créer de l’adhésion [notamment parmi la population], cela peut compromettre nos objectifs climatiques, a déploré le ministre. J’essaierai de faire preuve de pédagogie.» Enfin, booster la recherche sur le stockage des énergies intermittentes: «Des ruptures technologiques sont en train de se profiler, il faut en accélérer l’efficacité.»

L’essor du véhicule électrique

Quelques heures plus tôt, Réseau de transport d’électricité (RTE) s’était livré à un exercice de prospective sur l’évolution de la transition énergétique, avec 5 scénarios «volontairement contrastés» à horizon 2035, qui serviront de «base de réflexion» à la révision de la PPE, a indiqué Nicolas Hulot. Des invariants, quels que soient les choix politiques retenus, se détachent: une croissance forte des énergies renouvelables; la fermeture de réacteurs nucléaires; une évolution de la consommation électrique (stable ou en baisse dans toutes les simulations); le développement massif du véhicule électrique; la croissance de l’autoconsommation électrique.

 

 

Ampère

Ohm

Volt

Hertz

Watt

Consommation

dont voitures électriques

480 TWh

 

15,5 millions

465 TWh

 

2,9 millions

442 TWh

 

8,3 millions

480 TWh

 

15,6 millions

410 TWh

 

5,5 millions

Renouvelables

149 GW

314 TWh

88GW

187 TWh

116 GW

244 TWh

116 GW

243 TWh

150 GW

244 TWh

Nucléaire

48,5 GW

274 TWh

41 GW

274 TWh

55 GW

346 TWh

39 GW

252 TWh

8 GW

274 TWh

CO2 émis par système électr.

12 Mt CO2

 108 €/t

42 Mt CO2

 22 €/t

9 Mt CO2

32 €/t

19 Mt CO2

 32 €/t

32 Mt CO2

108 €/t

 

Les émissions de CO2, clé de voûte

C’est sur les émissions de gaz à effet de serre que les scénarios divergent: «L'atteinte de l'objectif des 50% de nucléaire dans la production d'électricité en 2025 conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français», car il faudrait utiliser plus de centrales à gaz et à charbon, souligne RTE dans son bilan prévisionnel. «Ces dernières (émissions) atteignent des niveaux compris entre 38 et 55 millions de tonnes de CO2 par an en fonction des variantes», précise le texte.

Le nucléaire, énergie d’appoint

Le scénario Ampère pourrait avoir les faveurs du gouvernement. Il combine fermeture des centrales au charbon sans nouveau moyen thermique supplémentaire, correspond à l’objectif des 50% de nucléaire atteint en 2030 et permet une réduction des émissions de CO2 par le système électrique de 22 à 12 Mt,. Il permettrait également de respecter les objectifs de lutte contre la pollution atmosphérique, avec la mise en circulation en 2035 de 15,6 millions de véhicules électriques. Le gouvernement a un an pour orchestrer une loi qui fera des énergies renouvelables «la norme de notre modèle énergétique», pendant que le nucléaire «jouera un rôle d’appoint», a résumé Nicolas Hulot.

 

 

 



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