Energies des mers: les attentes des professionnels

Le 23 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg, envoyé spécial
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Au Danemark, l'Etat prend à sa charge le raccordement des fermes éoliennes marines.
Au Danemark, l'Etat prend à sa charge le raccordement des fermes éoliennes marines.

Reconnaissant les efforts fournis par les pouvoirs publics pour développer l’éolien marin et l’hydrolien, les entreprises réclament de nouvelles réformes pour faire émerger ces technologies proches de la maturité.

 

«En Normandie, cela fait deux quinquennats que nous investissons dans les énergies marines renouvelables. On a renforcé les quais des ports, développé des formations, trouvé des terrains pour les industriels. Et il n’y a toujours pas le moindre MW installé.» Le constat dressé par le président du conseil régional de Normandie est indiscutable. N’empêche. Le discours d’Hervé Morin a douché l’enthousiasme des professionnels des énergies marines, réunis au Havre, ce 22 mars, à l’occasion des assises nationales des énergies marines renouvelables (EMR).

Etat réformateur

La faute à l’Etat? Pas cette fois. Les industriels, à l’image de Gwenaëlle Huet (Engie), louent l’engagement des pouvoirs publics en faveur des EMR. Ces derniers mois, les services de Ségolène Royal n’ont pas chômé: publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) –qui fixe les grands objectifs et le calendrier-, séquençage des appels d’offres jusqu’en 2019, réforme des modes de rémunération des opérateurs –pour modérer les hausses de la CSPE. Sans oublier l’introduction d’une nouvelle procédure de sélection des futurs exploitants: le dialogue concurrentiel.

Les services spécialisés de l’Etat (Shom et Ceremap) doivent aussi réaliser les études (météo, océaniques, sédimentologiques, bathymétriques, environnementales) de chaque site sélectionné par les préfets maritimes pour recevoir les prochains parcs éoliens ou hydroliens. Autant de moins à réaliser par le secteur privé.

Le coût du raccordement

Cela reste pourtant insuffisant aux yeux des industriels. L’un des points de crispation est le raccordement des installations marines au réseau de transport d’électricité terrestre. Un poste dont le coût peut représenter jusqu’à 15% du montant total de l’investissement (soit plusieurs dizaines de millions d’euros). Certains imaginent, comme cela se pratique en Allemagne ou en Scandinavie, que l’Etat ou le gestionnaire du réseau de transport (RTE, en France) prennent à leur charge les frais du raccordement au réseau. «Au Danemark, l’Etat propose des zones pré-raccordées et purgées de tout recours», rappelle Frédéric Le Lidec (DCNS).

Autorisation unique

En cours d’adaptation, le cadre juridique français reste imparfait: «aujourd’hui, ce sont les règles du raccordement à terre qui s’applique à la mer, ce n’est pas adapté», estime Béatrice Buffon (EDF EN). Le gouvernement devrait prochainement publier un décret instituant des indemnités en cas de délais de raccordement trop longs. Simplifiées avec le permis unique ou la centralisation des recours juridique auprès de la cour administrative d’appel de Nantes, les procédures restent encore trop complexes de l’avis des entreprises. «Pourquoi ne pas imaginer une autorisation unique qui réunirait les 12 autorisations que nous devrons obtenir», s’interroge Gwenaëlle Huet.

Délégué interministériel

D’autres se plaisent à imaginer une autorité unique. Réunissant des compétences partagées entre les ministères de l’énergie, de l’environnement, de l’intérieur, de la mer, un délégué interministériel en charge des énergies marines pourrait publier régulièrement les appels d’offres éoliens ou hydroliens, donnant la visibilité réclamée par les développeurs.

Urgent d’attendre

Ce rythme de réforme n’est pas celui des pouvoirs publics, réplique le directeur général de l’énergie et du climat (DGEC). Laurent Michel rappelle que tous les décrets d’application de la loi sur la transition énergétique ne sont pas encore sortis. Et que la PPE doit être révisée en 2018. Les services du ministère de l’environnement souhaitent d’ailleurs prendre en compte les retours d’expérience des procédures récemment mises en œuvre et des premières fermes pilotes avant de légiférer de nouveau. A supposer que le prochain gouvernement poursuive la politique engagée jusqu’alors.



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