Energies : Bruxelles présente deux stratégies de décarbonation

Le 08 juillet 2020 par Volodia Opritchnik
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On va pouvoir décarboner la production de ciment.
On va pouvoir décarboner la production de ciment.
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La Commission veut accélérer la décarbonation du système énergétique européen, en intégrant les productions d’énergie et en développant l’utilisation d’hydrogène décarboné.

Deux pour le prix d’une. Ce mercredi 8 juillet, la Commission européenne a publié deux propositions de stratégies énergétiques. La première vise à l’intégration du système énergétique. En appliquant les principes de l’économie circulaire et de l’écologie industrielle à l’énergie, Bruxelles espère optimiser les usages, réduisant du même coup les besoins de production et donc les émissions de gaz à effet de serre.

«Le système énergétique actuel repose toujours sur des chaînes de valeur énergétiques parallèles et verticales, qui relient de manière rigide des ressources énergétiques spécifiques avec des secteurs d'utilisation finale spécifiques. Ce modèle de silos distincts ne peut pas déboucher sur une économie neutre pour le climat. Il est inefficace sur les plans technique et économique et entraîne des pertes considérables sous la forme de chaleur résiduelle et en termes de faible efficacité énergétique», indique la Commission.

système intégré

«La stratégie d'intégration du système énergétique définit une vision sur la manière d'accélérer la transition vers un système énergétique plus intégré, à l'appui de l'énergie propre et d'une économie neutre pour le climat, tout en renforçant la sécurité énergétique, en protégeant la santé et l'environnement et en promouvant la croissance et la primauté industrielle au niveau mondial.» 

La stratégie repose sur trois piliers: priorité à l'efficacité énergétique (faciliter la réutilisation de la chaleur résiduelle des sites industriels et des centres informatiques), utilisation massive d'électricité d'origine renouvelables (un million de bornes de recharge de véhicules électriques en Europe d'ici à 2030), promotion des carburants renouvelables et bas carbone, y compris l'hydrogène, dans les secteurs difficiles à décarboner: transports et industrie lourde.

suppression des subventions aux énergies fossiles

La stratégie propose une quarantaine d’actions, comme la révision de la législation énergétique communautaire, le soutien à la R&D, la suppression «progressive» des subventions aux énergies fossiles, le développement du captage-stockage de carbone dans les cimenteries, l’adaptation de la fiscalité des carburants en fonction de leur bilan carbone, le développement des compteurs d’énergie communicants et des chargeurs intelligents de véhicules électriques, la production d’hydrogène à partir de biomasse et l'utilisation de l’hydrogène pour décarboner la production d’acier.

En veine, l’exécutif communautaire a aussi publié sa vision stratégique pour l’hydrogène. Moins ambitieuse que la version diffusée mi-juin, le programme prévoit tout de même de sextupler la capacité européenne de production d’hydrogène d’ici à 2024 «avec l'objectif de produire jusqu'à un million de tonnes d'hydrogène renouvelable.» En 2030, les 27 devraient pouvoir mettre sur le marché 10 fois plus de ce vecteur énergétique.

hydrogène propre

Pour ce faire, la Commission a constitué une alliance européenne de l’hydrogène propre. Regroupant industriels, collectivités, la Banque européenne d’investissement (BEI) et représentants de la société civile, cet aréopage établira une feuille de route industrielle. 430 milliards d’investissements pourraient être nécessaires ces 10 prochaines années.

Pour favoriser les technologies les plus propres, la Commission instaurera des normes, terminologie et certification communes, sur la base des émissions de carbone tout au long du cycle de vie, et dans le respect de la taxonomie des investissements durables, récemment adoptée.

Prochainement, les services de Frans Timmermans, proposeront des mesures pour sécuriser les investissements, faciliter l'utilisation de l'hydrogène, promouvoir les infrastructures et réseaux logistiques nécessaires (pipelines), adapter les outils de planification et soutenir les investissements, notamment dans le cadre du plan de relance «Next Generation».