Energie: les Suisses consomment (encore) trop

Le 24 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Malgré la performance énergétique de son patrimoine bati, la Suisse devra faire mieux encore.
Malgré la performance énergétique de son patrimoine bati, la Suisse devra faire mieux encore.

Depuis 15 ans, les habitants de deux riches cantons suisses tentent de diviser leur consommation d’énergie. Premier bilan.

Comme les Français, les Suisses ne sont pas sur la voie du facteur 4 [JDLE]. A la fin des années 1990, des scientifiques de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) conçoivent une politique énergétique sobre, supposée être le nouveau socle du modèle de développement de la Confédération. Dans cette «Société à 2.000 watts», chaque Suisse est supposé consommer 17.520 kilowattheures par an (toutes énergies primaires confondues) et n’émettre qu’une tonne de gaz carbonique par an. Le tout à l’horizon 2050.

Très ambitieuse, cette démarche vise à diviser par 4 la consommation d’énergie primaire et par 8 les émissions de gaz à effet de serre des Helvètes. Même pas peur. Rapidement, les cantons de Bâle et de Zurich s’engagent d’ailleurs sur la voie de la «Société à 2.000 watts» en se déclarant régions-pilotes du programme.

Quinze ans après son lancement, des chercheurs de l’EPFZ et du laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa) ont voulu évaluer les premiers résultats de l’expérimentation.

Plusieurs méthodes étaient utilisables. La plus simple: diviser la consommation d’énergie primaire nationale par le nombre d’habitants. Piètre résultat: plus de 5.500 W (46.750 kWh/an) par an et par Suisse.

Pour y voir plus clair, Dominic Notter, Hans-Jörg Althaus et Reto Meyer ont envoyé à plusieurs milliers de familles un questionnaire sur l’habitat, la mobilité, l’alimentation et les habitudes de consommation. Une enquête à laquelle plus de 3.000 familles ont répondu. En couplant leurs réponses à des résultats d’analyse de cycle de vie de la base de données «Eco-invent» de l’Empa, les chercheurs ont déterminé la consommation individuelle d’énergie ainsi que les émissions de GES résultantes.

Sur la plupart des plans, les résultats sont décevants. Certes, la fourchette des consommations va de 1.400 à 20.000 W par personne. Mais la moyenne se situe tout de même à 4.200 W, soit 35.700 kWh/an. Seuls 2% des ménages interrogés consomment moins de 2.000 W, sans pour autant parvenir à stabiliser leurs émissions de GES en deçà de la tonne annuelle.

Comme on pouvait s’y attendre, la demande d’énergie progresse à mesure que les revenus augmentent. Sans surprise aussi, nos voisins utilisent l’essentiel de leur énergie pour se chauffer et se déplacer. Moins d’un quart des kWh consommés le sont sous forme d’électricité. Comme en France, les Suisses vont donc devoir massivement investir dans l’amélioration de la performance énergétique de leur habitat. Ce qui pourrait notamment passer par une réduction de la surface habitable des logements.

Ces adeptes des grosses cylindrées devront aussi revoir à la baisse la motorisation de leur véhicule et sans doute mettre en œuvre «une planification urbaine intelligente qui réduise les déplacements et des mesures politiques favorisant les comportements respectueux de l’environnement».



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