Energie: les nouvelles tribulations de l’administration Trump

Le 05 octobre 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les mineurs de charbon US ont du sang d'encre à se faire.
Les mineurs de charbon US ont du sang d'encre à se faire.
Rakusen/UK COAL

Washington cherche à soutenir les compagnies électriques classiques et à réguler leurs émissions carbonées. Deux mauvaises nouvelles pour le charbon, dont Donald Trump veut relancer la production.

Cela paraissait réglé comme du papier à musique. La politique énergétique de Donald Trump avait pour but essentiel de relancer la production nationale de charbon: une promesse de campagne. A l’évidence, ce n’est pas aussi simple.

Injonction du DOE…

En fin de semaine dernière, le ministère américain de l’énergie (DOE) a officiellement demandé au régulateur des marchés de l’énergie (la Ferc) de mettre en place, dans les deux mois, un système de soutien aux électriciens produisant de l’électricité de base. Ce que certains observateurs ont traduit, un peu rapidement, par un coup de pouce donné aux exploitants de centrales au charbon (30% de la production d’électricité US). La réalité est un peu plus complexe.

Les électriciens américains ‘classiques’ subissent de plein fouet la concurrence de nouveaux entrants qui, grâce à leurs centrales à gaz, solaires ou éoliennes, cassent les prix sur les marchés de gros. Réduisant sérieusement la rentabilité des centrales au charbon, mais aussi des centrales nucléaires et de certaines centrales hydroélectriques.

…qui restera lettre morte

Par son injonction, le DOE entend surtout soutenir la production d’électricité de base, vitale pour la sécurité de l’alimentation électrique et l’équilibre des réseaux de transport et de distribution. La France et d’autres pays d’Europe ont choisi un autre système: le marché de capacités. Sur les deux rives de l’Atlantique, le but poursuivi est le même: offrir une rémunération supplémentaire aux exploitants d’installations dont la compétitivité est malmenée par les nouvelles sources d’énergie, mais qui restent pour le moment indispensables au bon fonctionnement du système électrique.

Demandée de longue date par les gestionnaires des réseaux de transport d’électricité américains, l’intervention fédérale risque pourtant de rester lettre morte. La Ferc est une agence indépendante et n’a pas d’ordre à recevoir de l’administration Trump. De plus, le DOE ne précise pas qui devrait payer la note ni de quelle façon. La consommation de charbon américain ne sera pas subventionnée de sitôt.

Inquiétude pour les Gueules noires

Le président Trump pourrait donner aux ‘gueules noires’ un autre sujet d’inquiétude. Comme l’a révélé Reuters en début de semaine, l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) vient de lancer le processus visant à mettre définitivement au rancard le Clean Power Plan (CPP). Adopté en 2015 par l’administration Obama, ce texte vise à réduire d’un tiers les émissions carbonées du secteur électrique entre 2005 et 2030. Il est l’une des contreparties américaines au plan chinois de réduction des émissions de GES. Attaquée par 27 Etats, suspendue par la Cour suprême, avant d’être annulée par le président Trump, cette législation n’avait plus aucune chance d’être appliquée.
Raison pour laquelle l’EPA travaille, en fait, à son remplacement. Selon Reuters, l’agence, dirigée par le climato-sceptique Scott Pruit, prépare une nouvelle réglementation dont les buts seraient similaires à ceux du CPP. Une façon, soulignent certains commentateurs, pour les compagnies électriques accro au charbon de réduire les risques de poursuite judiciaire que pourraient engager des groupes de pression anti-CO2.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus