Energie: le mix mondial est de plus en plus carboné

Le 29 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Six pays émettent 70% du CO2 européen.
Six pays émettent 70% du CO2 européen.
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Comme souvent, les nouvelles en provenance de la planète énergie sont mauvaises. Et le bilan énergétique mondial 2012, publié ce 29 mai par Enerdata, ne déroge pas à la règle. Menée par l’un des consultants énergétiques les plus réputés de l’Hexagone, l’étude rappelle une évidence: les situations européenne et française sont atypiques. Qu’on en juge plutôt. Globalement, la croissance économique a été, en 2012, de 2,1% (contre un recul de +0,3% dans l’Union européenne et une stagnation pour la France).

 

Tout naturellement, cette croissance mondiale a accru de 1% l’appétit énergétique planétaire. En 2012, l’humanité a donc consommé 10,3 giga tonnes équivalent pétrole (Gtep). Sans surprise, ce sont les grands émergents qui tirent la demande d’énergie. Malgré un inexplicable ralentissement chinois, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ont augmenté de 3,7% leur demande. Pour la première fois dans l’histoire, leur consommation d’électricité a rejoint celle des pays du G7: 6.800 térawattheures par an.

 

Grâce à une petite activité économique et un hiver doux, états-Unis et Canada voient leur consommation reculer de 2%. Incapable de se relever du marasme économique, l’Union européenne a réduit de 0,5% ses consommations, malgré un hiver rigoureux. Dans le même temps, le montant de sa facture carbone s’établit à 3,4 milliards de tonnes de CO2: en recul de 2,1% en un an, souligne Eurostat.

 

Le dynamisme des BRICS est inquiétant pour deux raisons. Peu efficace, leur parc industriel est fortement glouton. D’autre part, leur mix électrique est très charbonnier (à 80%). La somme de cette addition donne une hausse de 1,4% des émissions mondiales de CO2 (à 25,1 milliards de tonnes/an).

 

Certes, les états-Unis ont allégé de 4% leur bilan carbone, entre 2011 et 2012. Mais ce gain a largement été annulé par l’accroissement de consommation européenne de charbon, notamment en Allemagne, au Royaume-Uni (+20%). Ces deux pays sont d’ailleurs les seuls (avec la Lituanie et Malte) à accroître leurs émissions de gaz carbonique entre 2011 et 2012. «Dans l’Union européenne, ce qui a été gagné en CO2 par les énergies renouvelables a été perdu par la hausse de la consommation de charbon», résume Pascal Charriau, PDG d’Enerdata. Un phénomène que l’on retrouve aussi au Brésil et au Japon.

 

L’Empire du soleil levant continue d’ailleurs (et sans doute pour longtemps) de payer un lourd tribut au tsunami du 11 mars 2011. Faute de nucléaire, sa demande de pétrole, de gaz et de charbon est en forte hausse. Et malgré une diminution de 3% de sa consommation d’énergie, ses émissions carbonées ont bondi de 5,7%.

 

Petite note d’espoir: le dynamisme de l’éolien et du photovoltaïque. La puissance installée mondiale de ces deux sources d’énergie a respectivement cru de 20% et de 50% entre 2011 et 2012. Dans les pays du G20, elles génèrent environ 500 TWh/an, soit 4% de la production d’électricité des 20 pays les plus riches de la planète.

 

Et à quelques jours de la visite en France de la Commissaire européenne à l’action climatique, une question se pose: l’UE a-t-elle une chance d’atteindre les objectifs de son paquet énergie-climat? «Pour ce qui concerne l’abattement de 20% du CO2, l’objectif a déjà été atteint, en 2012, grâce à la crise économique», explique Bruno Lapillonne.

 

Le vice-président d’Enerdata est en revanche plus circonspect pour les deux autres 20% (part d’énergie renouvelable dans la consommation d’énergie finale et amélioration de l’efficacité énergétique). «Certes, avec 14% d’énergie renouvelable en 2012, nous sommes sur une trajectoire conforme à l’objectif

 

L’économiste de l’énergie rappelle toutefois qu’une bonne part des 27 pays de l’UE sont très loin de leurs objectifs nationaux. La Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont encore 7 ans pour tripler leurs parcs d’éoliennes et de centrales solaires; la France et l’Irlande doivent encore les doubler. La Pologne et la Grèce ne devront accroître leur part d’énergie «verte» que de 50%. Une paille!

 

Pour l’efficacité énergétique, ça n’est guère mieux. Ce qui explique sans doute pourquoi l’Europe a durci, le 25 octobre dernier, sa directive relative à l’efficacité énergétique. Un texte qui a été grandement vidé de sa substance par les gouvernements [JDLE].

 

 

http://europa.eu/rapid/press-release_STAT-13-80_fr.htm

 

http://yearbook.enerdata.net/

 

http://ec.europa.eu/energy/efficiency/eed/eed_fr.htm

 

http://www.journaldelenvironnement.net/article/efficacite-energetique-le-changement-c-est-maintenant,29441



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