Energie: le gouvernement va muscler son projet de loi

Le 11 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le sort des centrales au charbon françaises semble scellé.
Le sort des centrales au charbon françaises semble scellé.
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Le sort des centrales au charbon semble désormais scellé.

La politique énergétique est-elle un sujet trop sérieux pour être confié à des… politiques? On est amené à le croire tant les dérapages et les rétropédalages semblent fréquents, ces dernières années.

Entre les interdits tarifaires de Ségolène Royal régulièrement cassés par le Conseil d’Etat et les blocages sur la mise en concurrence des concessions de centrales hydroélectriques, sans oublier le débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie sans PPE, nos dirigeants peinent à adapter la politique énergétique aux contraintes climatiques, économiques et sociales. Dernier exemple en date: le projet de loi sur l’énergie et le climat.

report du projet de loi

Présenté au début du mois dernier, ce court texte devait être officiellement validé par le gouvernement lors du conseil des ministres de ce lundi 11 mars. Patatras, après la confirmation dans un premier ordre du jour, diffusé dans la journée de dimanche, un second communiqué de la présidence de la République annonçait, quelques heures plus tard, le report de l’adoption d’un texte très critiqué par la société civile.

L’Hôtel de Roquelaure justifie la décision élyséenne par une volonté de l’exécutif de muscler le projet de loi. Le 7 mars, le président de la République avait indiqué qu’en matière d’écologie, il faudrait «aller plus fort, plus vite et plus loin».

Dans un entretien accordé à France Info ce lundi matin, la secrétaire d’Etat Brune Poirson a notamment indiqué que les 4 centrales au charbon françaises fermeront bien d’ici à 2022. Or le projet de PPE ouvre la possibilité de poursuivre l’exploitation de ces installations au-delà de cette échéance, à la condition de brûler de la biomasse.

fermeture des centrales au charbon

 «Un million de personnes ont de l’électricité grâce à ces centrales», a justifié la secrétaire pour expliquer la difficulté de mettre à l’arrêt les installations d’EDF et d’Uniper. Brune Poirson aurait néanmoins pu préciser que ces centrales sont surtout utilisées en période de pointe et que RTE ne les juge pas indispensables au maintien de l’équilibre.

Le nouveau texte devrait également préciser certains objectifs. Comme celui de réduire de 40% la consommation d’énergies fossiles entre 2005 et 2030. Le projet de loi devrait fixer un nouvel objectif de baisse de la consommation d’énergie finale. Les Français auront à la réduire non pas de 17% d’ici à 2030 (par rapport à 2012), mais de 20%: l’objectif fixé initialement par la loi Royal sur la transition énergétique. «C’est un signal important pour les ménages alors que les prix de l'énergie sont amenés à augmenter», se félicite Anne Bringault, en charge de la transition énergétique pour le Réseau Action Climat (RAC) et le comité de liaison des énergies renouvelables (Cler).

puits de carbone

Répondant à une critique formulée par le Conseil économique social et environnemental (Cese), la prochaine mouture devrait préciser la notion de neutralité carbone, notamment en chiffrant le niveau d’abattement des émissions de gaz à effet de serre pour 2050. Pour le RAC, la France doit diviser ses rejets par 8 «pour éviter de miser trop fortement sur une hausse des puits de carbone» ou de parier sur des technologies immatures comme la valorisation de la biomasse avec stockage du carbone (BECCS).

Le gouvernement prévoit toujours de présenter son projet de loi devant le Parlement avant la fin du semestre.



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