Energie: l’Europe en panne de compteurs communicants

Le 20 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Linky n'est pas encore majoritaire.
Linky n'est pas encore majoritaire.

Les gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité et de gaz n’atteindront pas les objectifs 2020 d’équipements des particuliers en compteurs communicants.

Les compteurs communicants sont-ils en passe d’envahir nos logements, comme le laissent supposer certains groupes de pression ? Ce n’est pas aussi évident que cela, répliquent les auteurs d’un rapport réalisé pour le compte de la direction générale pour l’énergie de la Commission européenne.

affiner la facturation

Dans ce document, mis en ligne la semaine passée, deux experts de Tractebel (groupe Suez) ont évalué le niveau d’équipements des Européens en matière de compteurs communicants de gaz naturel ou d’électricité.

Adoptées en 2009, les directives sur l’électricité et le gaz stipulent que 80% des consommateurs d’énergie doivent être équipés de compteurs électroniques en 2020. Dotés d’un système de télécommunication, ces engins doivent transmettre au gestionnaire de réseaux de distribution les données de consommation. Grâce à Linky, Gazpar et leurs cousins, les facturations sont fonction de la consommation réelle d’énergie et non d’une estimation, comme c’était le cas jusqu’à ces dernières années.

loin du compte

Réalisée en 2018, une première étude a montré que les 28 étaient déjà très loin du compte. Cette année-là, moins de 100 millions de Smart Meters d’électricité étaient en service (34% des points de soutirage) et 16 millions de compteurs «intelligents» de gaz (14%).

En tenant compte de la vitesse de déploiement des programmes nationaux d’équipement, les rapporteurs estiment que 123 millions de compteurs électriques de nouvelle génération seront finalement installés cette année (43%) et 31 millions de compteurs de gaz (27%).

Les gestionnaires des réseaux de distribution n’atteindront pas leurs objectifs. Au mieux, souligne le rapport, on devrait compter 60 millions de compteurs de gaz en 2024 (54%) et 223 millions de compteurs d’électrons (77%). En 2030, l’Europe pourrait compter 266 millions de boîtiers électroniques dédiés au comptage de l’électricité.

S’ils sont mis en œuvre jusqu’au bout, ces programmes devrait coûter 56 milliards d’euros (pour les compteurs électriques et gaziers). Il est encore difficile de vérifier que cet investissement pourra être rapidement remboursé par les économies d’énergie générée par une meilleure information des consommateurs.