Energie: forte hausse annoncée des charges du service public

Le 28 juillet 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En 20 ans, les charges de service public de l'énergie ont été septuplées.
En 20 ans, les charges de service public de l'énergie ont été septuplées.
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La contribution pour le service public de l’électricité (CSPE) est appelée à fortement progresser, ces prochaines années. C’est le constat que l’on peut tirer à la lecture de l’évaluation des charges de service public de l’énergie, publiée ce vendredi 28 juillet, par la Commission de régulation de l’énergie.

 

Selon le régulateur des marchés français de l’énergie et du carbone, le montant prévisionnel des charges de service public de l’énergie supportées par les opérateurs au titre de l’année 2018 s’élèvera à 7.938 M€ : 17 % de plus que le montant constaté pour 2016.

 

Ce montant correspond à :

  • 69% pour le soutien aux énergies renouvelables (ENR), dont 36% pour le photovoltaïque et 19% pour l’éolien ;
  • 18% à la péréquation tarifaire dans les ZNI hors ENR (23% avec ENR);
  • 9% au soutien à la cogénération ;
  • 2% aux dispositifs sociaux ;
  • 1% au soutien à l’injection de biométhane.

 

Et cela ne devrait pas s’arrêter là. En se basant sur les projets en cours, la CRE a évalué l’évaluation des charges des opérateurs pour les 5 prochaines années. Entre 2018 et 2022, le montant desdites charges devrait passer de 7,9 à plus de 10 milliards d’euros : +26,5 % en 5 ans. Dit autrement, les énergéticiens vont devoir, collectivement, régler une ardoise dont le montant total dépassera les 44 milliards d’euros.

Solaire grande puissance. Le ministère de la transition écologique a publié, ce vendredi, les résultats de la seconde période de l’appel d’offres photovoltaïque de grande puissance. Les 77 lauréats développeront des centrales au sol, pour un volume total de 500 MW. Le prix moyen proposé est de 55,5 €MWh pour les installations de plus grande puissance (entre 5 et 17 MWc) et de 63,9 €/MWh pour l’ensemble des projets. 82 % des promoteurs recourront à l’investissement participatif et verront leur prime majorée de 3 €/MWh. Près de la moitié des projets seront implantés sur des terrains dégradés (friches industrielles, décharges, anciennes carrières).

Les principaux postes sont le soutien au photovoltaïque (14,2 Md€) et à l’éolien (8,7 Md€) métropolitains, les charges de péréquation tarifaire avec les zones non interconnectées (ZNI) – ENR incluses – (9,9 Md€), le soutien à la cogénération (3,3 Md€) et le soutien à l’injection de biométhane (1 Md€).

 

Le régulateur met aussi en garde sur le coût total des projets d’énergies renouvelables électriques : «les appels d’offres pour le développement des ENR lancés depuis 2011 devraient représenter 3,1 Md€ de charges sur les cinq prochaines années mais 65,4 Md€ sur la durée de vie des contrats. »

Maîtriser les coûts

Peut-on maîtriser les coûts? Le gendarme de l’énergie en est persuadée. A condition de généraliser les appels d’offres à l’ensemble des «filières matures et concurrentielles». Comme l'éolien terrestre. Au vu du parc de production d’électricité actuel, la CRE souligne l’importance de ne pas accroître la surcapacité «dans lesquelles les charges de service public pourraient se voir grevées d’importants coûts échoués.» Dans les territoires ultramarins, elle recommande également que le taux de rémunération des capitaux – fixé à 11% depuis 2006 – soit révisé à la baisse et différencié par territoire.



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