Encore des ratés au démarrage pour le véhicule électrique

Le 13 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Better Place-Renault : une alliance qui se fissure.
Better Place-Renault : une alliance qui se fissure.

C’était a priori une belle idée. Plutôt que de recharger, des heures durant, sa voiture électrique, pourquoi ne pas remplacer la batterie à plat par une qui serait bourrée d’énergie? C’était le pari d’une start-up israélienne: Better Place.

Fondée par Shai Agassi, un jeune businessman dont le culot n’a d’égal que l’épaisseur de l’agenda, la société intéresse rapidement. Son business plan détonne dans le marché balbutiant du véhicule électrique. Better Place vend des véhicules (qu’elle ne produit pas) et l’abonnement permettant d’accéder au service de remplacement de batterie. Le client automobiliste est donc totalement captif de son fournisseur.

En février 2008, Renault-Nissan signe un accord prometteur avec la compagnie israélienne. Le constructeur franco-japonais s’engage à livrer 100.000 Fluence ZE entre 2011 et 2016. En contrepartie, Better Place s’engage (sans doute un peu vite) à obtenir de Tel Aviv l’installation de 500.000 bornes de recharge et d’un réseau de stations de remplacement de batterie. Sans oublier le développement du concept hors des frontières de l’Etat hébreux, au Danemark, notamment. Des bureaux de représentation sont aussi ouverts en Californie, à Hawaï et en Australie.

Hélas, le modèle fait long feu. A la fin de l’année passée, 490 Fluence seulement ont été vendues en Israël et au Danemark. On est très loin de l’objectif des 4.000 clients fixé pour juin 2013. Par ailleurs, le coût de construction des stations de remplacement est exorbitant: 1 million de dollars (770.363 euros) l’unité. Seules 21 sont aujourd’hui en service.

Faute de résultat, Better Place croule sous les dettes. L’entreprise a notamment dû acheter (pour les revendre d’occasion à ses salariés) plusieurs centaines de véhicules qui ne trouvaient pas preneur sur le parking du port d’Ashod.

C’en est trop pour la banque HSBC et Israel Corporation, les deux principaux actionnaires, qui ont déjà décaissé près de 800 M$ (616,19 M€). De son côté, Renault avoue avoir investi entre 500 M$ et 1 Md$ dans l’opération.

Ces derniers mois, Better Place est sévèrement restructurée. La moitié des salariés sont remerciés. Les bureaux américains et australiens sont fermés. Shai Agassi est brutalement débarqué en octobre dernier, pour être remplacé par l’Australien Evan Thornley qui jette l’éponge quelques semaines plus tard, immédiatement remplacé par le directeur de la stratégie, Dan Cohen. Qui pourrait connaître le même sort…

Car Renault semble prêt à arrêter les frais. Le 11 mai, le patron du groupe signait dans EnergyWatch l’arrêt de mort du système. «Quand on regarde les tendances actuelles, on doit conclure que les batteries remplaçables ne sont pas moteur dans le développement du véhicule électrique. La piste à suivre est celle des batteries rechargeables plates intégrées dans la voiture», assène Carlos Ghosn. Un constructeur chinois aurait été approché pour fournir les remplaçantes de la Fluence. Sans succès.



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