Encore des inconnues concernant les légionelles

Le 19 septembre 2006 par Agnes Ginestet
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TAR
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Des progrès sont observés en matière de déclaration des cas de légionellose. Toutefois, certaines données scientifiques concernant bactérie et maladie font défaut, et l'identification des sources de contamination n'est pas encore systématique.

C'est en 1987 que cette infection pulmonaire est devenue une maladie à déclaration obligatoire. Depuis, le nombre de cas enregistrés augmente chaque année de 22% en moyenne. Mais le délai entre l'apparition des symptômes et le signalement aux Directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass), lui, diminue. «La maladie est mieux diagnostiquée» indique Louis Deroudille, médecin inspecteur de santé publique à la Ddass Isère. Cependant, dans près de 50% des cas, la source de contamination n'est pas identifiée.

Dans le Plan national santé-environnement (PNSE), il est question de diminuer de 50% l’incidence de la maladie d'ici 2008. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a lancé un plan d'actions contre la légionellose 2004-2008. Il prévoit notamment d'améliorer les connaissances sur la bactérie et la maladie: facteurs de risque pour contracter la maladie, conditions de développement et transport aérien de la bactérie… L'Afsset a d'ailleurs été chargée de mettre en place des recherches sur les dangers et les risques sanitaires liés à la présence de légionelles dans les milieux. «Le comportement des légionelles est mal connu. On ne sait pas exactement à quelle température elles se reproduisent et à partir de quelle dose une personne est susceptible de contracter la maladie» explique Michèle Froment-Védrine, directrice générale de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset). 7 projets de recherche ont été retenus suite à un appel à recherche ciblée (ARC). Les résultats seront transmis dans un an environ. «Une meilleure compréhension signifie une meilleure prévention» a indiqué Michèle Froment-Védrine.

Sur le terrain, déterminer la source de contamination d'un cas isolé de légionellose est souvent plus difficile que lors de cas groupés (au moins deux cas survenant dans un laps de temps et une zone géographique restreints). Lorsqu'une tour aéroréfrigérante (TAR), installation le plus souvent incriminée, est suspectée, il faut pouvoir confronter les légionelles qu'elle est susceptible de diffuser à celle du malade. Pour cela, les génomes des souches bactériennes doivent être comparés.

Cette tâche est réalisée par le Centre national de référence des légionelles (CNR-L) qui constitue une banque de données pour permettre l'identification des sources et la détection de cas groupés. Mais les prélèvements chez les patients ne sont pas faits de façon systématique. En effet, la méthode classique pour diagnostiquer la maladie est la détection de l'antigène dans l'urine. Or l'identification précise de la souche bactérienne se fait à partir des sécrétions pulmonaires des victimes. Un prélèvement qui, d'après le bilan 2005 de l'Institut de veille sanitaire (IVS), n'est réalisé que dans moins de 20% des cas déclarés. «On dispose peu souvent d'indices concrets permettant de dire que tel cas a été provoqué par telle source» explique Sandrine Lubryka, ingénieure d'études sanitaires à la Ddass Isère. Les recherches menées actuellement visent notamment à une meilleure détection et identification des légionelles environnementales et retrouvées chez les patients. Selon Michèle Froment-Védrine, les améliorations qui peuvent être faites concernent donc la sensibilisation des médecins à la déclaration, le repérage des sources et les connaissances sur le comportement des légionelles.


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