En ville, les arbres attirent peu les insectes

Le 04 novembre 2014 par Romain Loury
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Un noyer noir assez peu rural
Un noyer noir assez peu rural
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Il ne suffit pas de planter des arbres en ville pour se rapprocher de la nature. Pour les insectes, la biodiversité y sera toujours inférieure à celle observée à la campagne, démontre une étude américaine publiée dans la revue PLoS ONE.

«Les villes diminuent la biodiversité de manière intrinsèque», constate Andrew Forbes, biologiste à l’université de l’Iowa. Avec son équipe, le chercheur vient d’en faire la démonstration à Iowa City: selon son analyse de 250 sites urbains et ruraux, les arbres grouillent toujours moins d’insectes en ville. Pourtant, les deux espèces d’arbres étudiés étaient bien plus présentes en ville qu’à la campagne.

Les chercheurs ont étudié deux systèmes trophiques d’Amérique du Nord, l’un reposant sur le cerisier d’automne (Prunus serotina), l’autre sur le noyer noir (Juglans nigra). Chacun dispose d’une espèce de mouche qui pond dans ses fruits, leurs larves respectives étant dévorées par une espèce de guêpe spécifique.

Premier constat, les deux arbres sont plus abondants en ville à la campagne et dans les zones agricoles. Et pourtant, cela ne suffit pas: que ce soit pour les deux espèces de mouche ou pour celles de guêpe, les insectes y sont bien moins présents en ville. «En ville, vous aurez beau avoir plus d’arbres, vous n’aurez pas nécessairement plus d’insectes qui leur sont associés», résume Andrew Forbes.

Avec ses divers obstacles, la ville rend très difficile la migration d’espèces vers les arbres qui les intéressent, observent les chercheurs. Reste à savoir quelles barrières sont les plus infranchissables: l’équipe se penche actuellement sur la question, en comparant l’ADN d’insectes de la même espèce dans divers sites urbains. Objectif: évaluer la distance génétique entre diverses populations implantées en ville, puis la comparer aux obstacles se dressant sur les trajets.

En France, une étude menée dans le cadre du programme européen «Urbanbees» a livré cet été de premiers résultats sur la répartition des abeilles en milieux rural et urbain. Si les abeilles sont plus nombreuses à la campagne, c’est en banlieue, à la végétation variée, que l’on trouve la plus grande diversité d’espèces. Les centres-villes ne sont pas dépourvus d’hyménoptères, mais l’abondance en individus et la richesse en espèces y sont les plus faibles.



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