En Suisse, une éolienne en forme de cerf-volant

Le 04 octobre 2019 par Romain Loury
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Premier essai réussi, automne 2018
Premier essai réussi, automne 2018
Empa

Après un premier succès à l’automne 2018, une start-up suisse va bientôt tester un nouveau prototype d’éolienne… sous forme de cerf-volant. Objectif: capter le vent à 500 mètres d’altitude, où il souffle quatre fois plus fort qu’à 120 mètres, hauteur moyenne des éoliennes standard.

Aller plus haut pour produire plus d’électricité: tel est l’objectif que s’est fixé TwingTec, une spin-off créée en 2013 par le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa), à Dübendorf (près de Zurich). Pour cela, elle recourt au principe du cerf-volant, fixé par un filin à un tambour couplé à un générateur.

Une fois en altitude, le vent s’empare du cerf-volant, ce qui entraîne une tension sur le filin: c‘est cette force que TwingTec compte exploiter. Une fois le filin entièrement déroulé, le cerf-volant redescendrait vers son point d’attache, avant de reprendre son ascension, générant de nouveau de l’énergie, aussitôt convertie en électricité.

Premier test positif fin 2018

Testé à l’automne 2018 en Suisse romande, un premier prototype, consistant en un cerf-volant de 3 mètres d’envergure, s’est avéré prometteur. S’envolant de manière autonome, grâce à un rotor du même type que celui d’un drone, il a produit de l’électricité pendant 30 minutes, avant de revenir de lui-même sur sa plateforme.

En novembre prochain, TwingTec compte passer à l’étape supérieure: outre un décollage et un atterrissage autonomes, sur une plus longue durée, la start-up vise une production de 10 kiloWatt, injectée dans le réseau. En cas de succès, elle pourrait se lancer dans la production en série du modèle «TT100», un cerf-volant de 15 mètres d’envergure, produisant jusqu’à 100 kW, «soit assez pour alimenter 60 maisons individuelles», indique l’EMPA dans un communiqué.

Lieux isolés, avant déploiement offshore?

Pour la start-up, ce produit cible avant tout la production d’énergie dans des lieux isolés: «nos clients potentiels, ce sont les mines, les communautés isolées, les îles. Autant d’endroits qui utilisent actuellement des générateurs diesel bruyants, polluants, et dont le carburant doit être acheminé au prix fort», indique Rolf Luchsinger, directeur de TwingTec. A plus long terme, la start-up, actuellement à la recherche d’investisseurs privés et de partenaires du secteur énergétique, évoque des parcs flottants de cerfs-volants en mer.

En Europe, «10 start-ups et plusieurs équipes universitaires et de hautes écoles techniques» travaillent sur le même concept de cerfs-volants producteurs d’électricité, rappelle l’EMPA. Tous sont membres de l’association Airborne Wind Europe, qui tiendra sa huitième conférence bisannuelle les 15 et 16 octobre à Glasgow (Ecosse).


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