En Suisse, on arrête le nucléaire pas rentable

Le 31 octobre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le réacteur de Mühleberg sera fermé en 2019.
Le réacteur de Mühleberg sera fermé en 2019.
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Dans la Confédération helvétique, l’argent est une chose trop grave pour être laissé à des politiques. C’est ce qui explique que les forces motrices bernoises (FMB) aient annoncé, à la surprise générale, la mise à l’arrêt définitive de la centrale nucléaire de Mühleberg en 2019, avec trois ans d’avance sur la limite fixée par la loi.

Les FMB assurent respecter les exigences légales en matière de sureté et présenteront leurs projets d’arrêt et de démantèlement à l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). Dans un communiqué, le gendarme du nucléaire suisse «prend acte de la décision du conseil d’administration» de FMB, tout en rappelant que l’électricien lui avait soumis, la semaine passée, un programme d’allongement de la durée de vie du réacteur bernois.

Pour expliquer leur décision, les FMB disent avoir tout simplement fait leurs comptes. Pour s’adapter aux exigences croissantes de l’autorité de sûreté suisse, l’électricien bernois doit déjà investir «près de 200 millions de francs suisses (162 M€), dont 15 millions (12 M€) pour des mesures de rééquipement extraordinaires». Post-Fukushima oblige, l’exploitant doit améliorer le système de refroidissement du réacteur à eau bouillante de 372 mégawatts électriques, ainsi que le refroidissement de la piscine de stockage des combustibles usés.

Les FMB estiment qu’un allongement de la durée de vie du réacteur aurait coûté nettement plus cher, d’autant que sont annoncés «à moyen terme de nouveaux aléas d’ordre technique, économique et politique, non quantifiables et encore peu clairs à l’heure actuelle, qui pourraient entraîner une hausse des risques économiques liés à une exploitation à long terme».

Réduire sa facture nucléaire permet en outre à l’énergéticien d’investir dans de nouvelles capacités de production hydrauliques et éoliennes. La compagnie envisage aussi la construction de centrales à gaz à cycle combiné.

Les 5 réacteurs nucléaires suisses produisent environ 40% de l’électricité consommée dans la Confédération.



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