En Suisse aussi, on durcit le ton contre le loup

Le 04 juin 2014 par Romain Loury
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L'Ofev veut faciliter les tirs
L'Ofev veut faciliter les tirs
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La Suisse, qui ne compte pas plus de 30 loups sur son territoire, s’apprête pourtant à faciliter leur abattage en cas d’attaque de troupeaux. C’est ce qui ressort du nouveau plan Loup mis en consultation mardi 3 juin par l’Office fédéral de l’environnement (Ofev).

«Au cours des dernières années, le nombre de loups en Suisse a augmenté de manière régulière. La première meute vit depuis 2012 à Calanda (canton des Grisons). On compte actuellement entre 25 et 30 loups qui parcourent les régions suisses», note l’Ofev. Une population loin d’être stabilisée, mais manifestement excessive selon les autorités, comme en témoigne le nouveau plan Loup mis en consultation jusqu’au 5 septembre.

Selon ce plan, les tirs de loups isolés, suite à des attaques de troupeaux, vont désormais être facilités. Jusqu’alors, il n’était possible d’en abattre que si au moins 35 moutons avaient été attaqués durant 4 mois consécutifs, ou au moins 25 moutons en un mois. A ces critères, qui demeurent inchangés, va bientôt s’en ajouter un autre bien moins sévère: un tel tir de loup isolé sera désormais permis après trois attaques impliquant 10 moutons attaqués, et ce sans limite de temps.

Aux sources de ce nouveau plan, la motion déposée en 2010 par le parlementaire Hansjörg Hassler, du parti bourgeois démocratique (PBD, centre droit), qui vise à «minimiser durablement les dégâts causés par le loup, le lynx et l'ours tout en répondant aux obligations internationales, à l'instar de la France».

L’exemple garde tout son sens en 2014, alors que notre pays met actuellement en consultation un arrêté qui permettrait d’abattre jusqu’à 36 loups pour la période 2014-2015, soit 12% de la population estimée en France (voir le JDLE) [1].

Un nouveau plan Lynx aussi en consultation

Dans une interview accordée à l’agence suisse Newsnet, la porte-parole du WWF Suisse, Pierrette Rey, se montre prudente quant à ces nouveaux critères: «Nous n'avons rien contre le fait de mieux réguler la population des loups en Suisse. Mais avant de parler de les abattre, nous aimerions qu'une vraie population de ces carnivores puisse s'installer chez nous». Ce qui semble loin d’être le cas.

Un peu mieux établi en Suisse, le lynx compte quant à lui 160 individus, mais aussi de nombreux opposants. L’Ofev se montre toutefois plus clémente avec lui, du fait de la «responsabilité particulière [de la Suisse] à l'échelon européen dans la conservation et la protection de cet animal».

La Suisse, qui abrite en effet les seules populations groupées de lynx des Alpes, procède d’ailleurs à des transferts d’individus à l’intérieur du pays, ainsi qu’à l’étranger. Dernier épisode, deux lynx ont été relâchés début mai dans le nord-est de l’Italie, dans le Frioul-Vénétie julienne.

Même si le lynx semble plus apprécié que le loup (dont on imagine peu qu’il puisse un jour faire l’objet de transferts entre pays), la Suisse ne s’interdit pas de procéder à des tirs en cas d’attaque. Sans changement dans la nouvelle version du plan Lynx, également soumise à consultation mardi, l’Ofev permet l’abattage d’un lynx lorsqu’au moins 15 animaux de rente ont été dévorés dans un rayon de 5 kilomètres au cours des 12 derniers mois.

[1] Sans oublier de nouvelles mesures adoptées au Parlement, plus sévères pour le loup (voir le JDLE).



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