En Pennsylvanie, le radon accompagne le gaz de schiste

Le 09 avril 2015 par Romain Loury
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En plus de massacrer les paysages, le gaz de schiste pollue l'air intérieur.
En plus de massacrer les paysages, le gaz de schiste pollue l'air intérieur.
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Irritations nasales et oculaires, urticaires, démangeaisons… et cancer du poumon? Aux Etats-Unis, les habitations situées à côté des puits de gaz de schiste ont vu leur taux de radon augmenter ces dernières années, selon une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

Eldorado du gaz de schiste, la Pennsylvanie est aussi l’un des Etats américains les plus touchés par le radon, deuxième cause mondiale de cancer du poumon après le tabac. Pour des raisons liées à la géologie des sols, riches en uranium, 39% des habitations se situent au-dessus de 148 becquerels par mètre cube (Bq/m3) d’air, seuil d’intervention fixé par l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

une situation qui s'aggrave
Or la situation ne s’est probablement pas arrangée depuis l’exploitation schistière, dont les premiers puits ont été forés en 2004. Dans leur analyse de près de 2 millions de mesures de radon effectuées dans des habitats pennsylvaniens entre 1987 et 2013, l’équipe de Brian Schwartz, de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health de Baltimore (Maryland), suggère que la proximité des puits pourrait avoir entraîné une hausse de ce gaz aussi nocif qu’inodore.

un taux de radon qui augmente
Les chercheurs ont notamment analysé les habitations situées sur la formation des schistes de Marcellus. Sans grande différence d’un lieu à l’autre jusqu’en 2004, le taux de radon s’élève ensuite nettement dans les zones les plus exploitées. Au sous-sol, les 25% de bâtiments les plus cernés par les puits présentaient un taux de radon de 133,2 Bq/m3, contre 111 Bq/m3 pour les plus éloignés.
Un lien avec le volume extrait

Une géologie que l'on modifie?
Chaque fois que la production quotidienne de gaz de schiste s’accroît de 100 m3 par km2, le taux de radon dans les proches habitations s’élève de 1,8%, notent les chercheurs. Le chiffre peut sembler faible… si ce n’est qu’un quart des habitations pennsylvaniennes sont situées dans des zones dont la production dépasse les 4.300 m3 par jour et par km2.
«Il est possible que l’industrie gazière ait modifié la géologie, créant de nouvelles voies d’entrée du radon à la surface», explique l’une des co-auteurs de l’étude, Joan Casey. Selon les chercheurs, le radon pourrait faire son entrée dans les bâtiments par l’air ambiant, ou par l’eau courante lorsque celle-ci est issue d’un forage.

21.000 cancers par an imputables au radon
L’étude vient contredire des travaux publiés en janvier par les autorités pennsylvaniennes, qui n’ont montré aucune hausse du taux de radon dans l’air extérieur à proximité des puits. Mais pour l’équipe de Brian Schwartz, la mesure dans les habitations, qui évalue l’accumulation de ce gaz en milieu clos, constitue la méthode la plus fiable.
Les Pennsylvaniens n’ont pas fini d’entendre parler du radon, ni du gaz de schiste. Avec 7.469 puits recensés en 2013, l’Etat pourrait en compter 60.000 en 2030, selon des prévisions d’experts. Aux Etats-Unis, le radon serait à l’origine de 21.000 décès annuels par cancer du poumon.


 



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