En milieu terrestre, un puits de carbone en voie d’épuisement

Le 24 janvier 2019 par Romain Loury
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Les plantes, puits de carbone terrestre
Les plantes, puits de carbone terrestre
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L’humidité du sol constitue un facteur limitant pour l’absorption du carbone par les sols, révèle une étude publiée mercredi 23 janvier dans la revue Nature. Au rythme actuel de réchauffement, le puits de carbone que constituent les milieux terrestres pourrait fortement s’affaiblir, au risque d’un emballement climatique.

Océans et milieux terrestres absorbent la moitié des gaz à effet de serre d’origine humaine. S’ils permettent ainsi le réchauffement climatique, ce n’est pas sans effet, avec une acidification dans les océans, et une croissance végétale accrue sur terre.

Or la réponse des milieux terrestres à l’augmentation du carbone atmosphérique, en particulier de la photosynthèse qui permet de convertir le CO2 en carbone organique, demeure assez mal connue. Dans son étude, l’équipe de Pierre Gentine, de l’université Columbia (New York), montre que ce puits de carbone pourrait s’essouffler au cours du 21ème siècle.

Une humidité toujours plus variable, mais en baisse

En cause, le fait que l’humidité du sol tend globalement à diminuer à travers le monde, du fait de sécheresses toujours plus fréquentes. Outre cette baisse, cette humidité connaît une plus grande variabilité interannuelle, les années plus humides ne parvenant pas à compenser les plus sèches.

Selon les modélisations menées par les chercheurs, la baisse d’humidité devrait réduire, d’ici la fin du siècle, l’absorption terrestre de carbone de 0,8 milliard de tonnes de carbone (GtC) par an, tandis que sa variabilité interannuelle l’abaissera de 1,1 GtC par an. Pour rappel, les milieux terrestres absorbent actuellement 2,5 GtC par an.

Un puits en baisse à partir de 2060

Malgré l’effet toujours plus marqué du facteur humidité, le puits de carbone devrait continuer de croître au cours des prochaines décennies, en raison de la hausse du CO2 atmosphérique. Jusque vers 2060, estiment les chercheurs: selon eux, le stress hydrique deviendra trop fort pour les végétaux, et leur photosynthèse ne permettra plus d’absorber autant de carbone.

Selon l’équipe, cet épuisement du puits terrestre de carbone sera plus rapide dans les régions semi-arides (est de l’Australie, nord du Sahel, nord du Mexique), dans les régions humides sous-tropicales (est de la Chine, sud du Brésil) et dans l’Europe méditerranéenne.

De même que la fonte du pergélisol, sous l’effet du réchauffement, libère du CO2 et du méthane, cette boucle de rétroaction positive pourrait avoir des effets climatiques désastreux, et impossibles à stopper.



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