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En Ile-de-France, le fond de l’air effraie toujours autant

Le 15 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le trafic automobile reste l'une des premières sources d'émissions de pollutions urbaines.
Le trafic automobile reste l'une des premières sources d'émissions de pollutions urbaines.

Alors que Paris subissait son 4e épisode de pollution atmosphérique consécutif, Airparif présentait le bilan 2011 de la qualité de l’air francilienne. Un bilan «insatisfaisant» qui annonce des lendemains qui déchanteront.

«C’est une année ni bonne, ni mauvaise.» Jean-François Saglio, le président d’Airparif a le sens de la formule. Comme chaque année, à pareille époque, l’association en charge de la surveillance de la qualité de l'air francilien présentait, aujourd’hui 15 mars, le bilan 2011 de la qualité de l’air. Un bilan mi-chèvre mi-chou.

Insatisfaisant, traduit Karine Léger, la directrice adjointe du réseau francilien. Malgré une météo inédite (printemps sec et chaud, été humide et doux) et a priori peu favorable à la création d’épisodes de pollution, l’année passée n’a pas particulièrement brillé par rapport aux années précédentes.

«Comme ces dernières années, reprend Karine Léger, les niveaux de pollution chronique sont restés stables. Cinq polluants posent toujours problème dans la région et ne respectent pas la réglementation: le dioxyde d’azote, les particules (PM 10 et 2,5), l’ozone et le benzène.»

Certes, les taux de dioxyde d’azote ont légèrement baissé. Mais la valeur-limite (40 milligrammes par mètre cube -µg/m3) est toujours dépassée, notamment au cœur de l’agglomération. «Et environ 3,1 millions de Franciliens sont potentiellement concernés par ce dépassement», souligne l’ingénieure. Ils étaient 4 millions en 2007 et 3,5 millions en 2010. Les niveaux de pollution sont stables mais élevés le long des grands axes de circulation: jusqu’à deux fois supérieurs aux niveaux réglementaires. La valeur-limite est dépassée sur 15% du réseau régional et 90% de la voirie parisienne.

Treize des 16 épisodes de pollution survenus dans la région capitale en 2011 sont imputables aux particules (PM 10 et 2,5). La faute, sans doute, en revient au printemps exceptionnellement chaud, estime Airparif. Au total, 2,7 millions de Franciliens ont été potentiellement exposés à des concentrations trop élevées de particules, soit près de deux fois plus qu’en 2010. Pour les plus fines (dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètre, soit la taille d’une bactérie), l’objectif de qualité français est largement dépassé dans toute la région et concerne ses 11,7 millions d’habitants. Pour mémoire, les épisodes de pollution aux PM 2,5 sont responsables de 130.000 décès prématurés annuels aux Etats-Unis, selon une étude parue l’an dernier dans Risk Analysis.

Pour cause d’été «pourri», l’ozone s’est rarement manifesté, l’an passé. 2011 n’a compté qu’un seul épisode de pollution. Ce bon résultat doit néanmoins être relativisé. Car les niveaux moyens de concentration d’O3 ont progressé de 80% entre 1994 et 2011 dans l’agglomération.

L’avenir ne s’annonce pas forcément florissant pour les responsables de la qualité de l’air. Un arrêté interpréfectoral, pris le 27 octobre dernier, abaisse sensiblement les seuils de déclenchement des procédures d’information et d’alerte pour l’ozone. «On s’attend à ce que les épisodes de pollution soient désormais multipliés par 5», détaille Karine Léger.

Plus inquiétante est la suite attendue du contentieux juridique opposant la Commission européenne à la France sur la pollution au dioxyde d’azote. Accrues, en partie, par la généralisation des filtres à particules des véhicules légers, les fortes concentrations en NO2, en Ile-de-France et dans d’autres agglomérations, valent à la France d’être trainée devant la Cour européenne de justice. De ce contentieux avec Bruxelles, Paris ne devrait pas sortir gagnant. Et les responsables d’Airparif s’attendent à une condamnation à plusieurs millions d’euros, peut-être en 2013?

Ce qui serait une bien curieuse façon de célébrer l’année européenne de… l’air.

 



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