En hiver, le Danube n’est plus ce qu’il était

Le 25 mai 2018 par Romain Loury
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Le Danube
Le Danube

Depuis les années 1950, le Danube ne gèle quasiment plus jamais en hiver, démontre une étude publiée dans la revue Scientific Reports. Une conséquence du réchauffement climatique, mais aussi de la pollution de l’eau, qui abaisse son point de congélation.

 

Finies les parties de patinage sur le Danube: ces six dernières décennies, le fleuve, deuxième plus grand cours d’eau d’Europe après la Volga, ne gèle plus que de manière exceptionnelle, à raison d’une fois tous les six à sept ans. C’est ce que confirme l’étude menée par Monica Ionita, de l’Institut Alfred Wegener à Bremerhaven (Allemagne), et ses collègues, qui ont analysé des relevés réalisés depuis 1837 dans la partie roumaine du Danube.

Un phénomène devenu rare

Jusqu’en 1950, le nombre moyen de jours pendant lesquels le Danube était gelé s’élevait à 32 jours par an, avec un maximum de 101 jours au cours de l’hiver 1879-1880. A quelques exceptions près, le phénomène survenait chaque hiver.

Ce n’est désormais plus le cas: de 1950 à 2016, le fleuve n’a gelé qu’au cours de dix hivers. Et il faut remonter à l’hiver 1984-1985, d’un froid exceptionnel, pour retrouver une période de gel supérieure à 60 jours. Jusqu’en 1900, un tel évènement survenait en moyenne tous les trois ans.

Réchauffement et pollution

Sans surprise, la température hivernale est bien évidemment le premier facteur en cause derrière cette tendance. Sur la région analysée par les chercheurs, le nombre de jours hivernaux dont la température est inférieure à 0°C a diminué de six jours sur la période.

La température n’est toutefois pas le seul phénomène en cause. Les chercheurs pointent le rôle de la pollution chimique de l’eau, en particulier par les eaux usées. Introduisant des nutriments dans le cours du Danube, elles abaissent son point de congélation: il serait passé de -0,54°C pour la période 1837-1950 à -1,05°C après 1950.

«Quand les climatologues parlent des effets du réchauffement sur la glace, les gens pensent surtout au Groenland et à la banquise arctique. La plupart ne réalisent pas que la quantité de glace sur les mers et les rivières européennes est un indicateur tout aussi important du changement en cours», explique Monica Ionita, selon qui cette tendance pourrait avoir de lourdes conséquences sur la faune aquatique.



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