En Haute-Garonne, le préfet n’aime pas les iris protégés

Le 10 décembre 2010 par Célia Fontaine
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Une autorisation vient d’être donnée pour l’extension d’une carrière près de Toulouse. Mais sur le site visé se trouve une espèce d’iris protégée.

Le préfet de Haute-Garonne a décidé d’autoriser les travaux d’extension de la carrière de Martres-Tolosane (Haute-Garonne) exploitée par la société Lafarge Ciments, en publiant un arrêté le 2 décembre dernier.

Ce texte valide l’arrachage et le déplacement des iris à feuilles graminées (Iris graminea), espèce protégée. Sur intervention de France nature environnement (FNE), une rencontre entre les associations locales et le carrier a eu lieu le 7 décembre. Mais « elle n’a pas permis de différer l’arrachage», indique la fédération dans un communiqué. Les travaux ont donc commencé le 8 décembre.

Mais FNE, FNE Midi-Pyrénées, Nature Midi-Pyrénées et Nature Comminges envisagent des suites juridiques à ce dossier.

Selon la règlementation, la destruction d’une espèce protégée est interdite, sauf dérogation exceptionnelle soumise à l’avis du Conseil national de protection de la nature (CNPN).

Or, saisi pour avis de la demande de dérogation, le CNPN a rendu un avis défavorable. « En la présence d’une espèce protégée inscrite au livre rouge de la flore menacée de France et dont on touche la principale population nationale, on doit attendre des propositions de mesures compensatoires ambitieuses », explique Philippe Lévêque, représentant de FNE au sein du CNPN. Et de poursuivre : « Le déplacement d’espèces végétales est toujours aléatoire et, de plus, le dossier scientifique présenté par Lafarge a été jugé comme franchement mauvais.

L’exploitant avait obtenu son autorisation d’étendre la carrière en 2003, ce qui lui laissait « largement le temps de mettre en œuvre des mesures compensatoires avant le commencement des travaux », ce qui n’a pas été fait. Lafarge n’a pas tenu compte de l’avis et des recommandations des experts nationaux, et la dérogation accordée par le préfet serait donc illégale, l’extension de la carrière ne répondant pas à un intérêt public majeur.



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