En Guadeloupe, le chlordécone empoisonne aussi l’eau potable

Le 11 juin 2018 par Stéphanie Senet
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Les habitants de Gourbeyre ont été exposés pendant au moins 6 semaines
Les habitants de Gourbeyre ont été exposés pendant au moins 6 semaines

Alors que des résidus de chlordécone ont été retrouvés, en Guadeloupe, dans de l’eau du robinet, le parquet de Basse-Terre s’est saisi de l’affaire, selon la chaîne de télévision locale Guadeloupe la première.

 

Les habitants de Gourbeyre l’ont encore en travers de la gorge. L’eau du robinet de cette commune de 7.800 âmes, qui fait partie de l’unité urbaine de Basse-Terre, a été contaminée au chlordécone à partir du 16 avril dernier. Ce jour-là, l’Agence régionale de santé (ARS) prévient la communauté d’agglomération du Grand Sud Caraïbe de cette pollution due à la vétusté des filtres au charbon actif de l’usine d’eau potable. Cette installation est située dans une zone de captage fortement exposée au chlordécone.

Il faut attendre 8 jours pour que l’ARS recontacte la collectivité, lui demandant de faire baisser le taux de chlordécone sans délai. Aucune interdiction de consommation n’est encore prescrite. Ce n’est que le 2 mai qu’un message alerte les populations à risques, dont les femmes enceintes et les enfants de moins de 6 ans, à travers un communiqué radiophonique.

 

6 semaines de contamination

Surtout, les filtres à charbon n’ont été remplacés que le 27 mai, si bien que la contamination a duré au moins 6 semaines alors que l’utilisation de cet insecticide cancérogène et perturbateur endocrinien est interdite dans les territoires et départements d’Outre-mer depuis 1993.

Les effets du chlordécone sur la santé sont édifiants: risque d’accouchement prématurité, retards dans le développement cognitif et moteur des nourrissons, cancer de la prostate… La Guadeloupe et la Martinique présentent d’ailleurs les plus forts taux au monde de cancer de la prostate.

 

Enquête à suivre ?

Y a-t-il eu négligence? Le procureur de Basse-Terre, Samuel Finielz, a demandé des précisions à l’ARS avant de décider d’ouvrir, ou non, une enquête préliminaire.

Selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), la pollution imputable aux tonnes de chlordécone déversées dans les sols lors du traitement des bananeraies ne disparaîtra pas avant 7.000 ans.

 



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