En Grèce, la crise accroit la pollution atmosphérique

Le 23 décembre 2013 par Marine Jobert
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Athènes, sous le smog.
Athènes, sous le smog.
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Après la crise financière, la crise sanitaire. La sécurité sociale grecque risque de voir ses comptes encore un peu plus plombés par l’explosion des concentrations de particules fines dans l’air[1] et leur cortège de symptômes des voies respiratoires, de maladies respiratoires obstructives chroniques, de moindre capacité respiratoire chez l’enfant, d’augmentation de la mortalité cardio-pulmonaire et du cancer du poumon chez l’adulte.

Car la teneur en PM2,5[2] a bondit de 30% au-dessus de Thessalonique depuis le début de la crise financière, met en évidence une étude publiée dans Environmental Science & Technology. Les concentrations oscillent entre 26 et 36 microgrammes par mètre cube. Les chercheurs grecs et américains pointent également la multiplication par 2,5 de la concentration des marqueurs de fumées de bois et enregistrent une baisse de 20 à 30% des marqueurs typiques de la combustion de combustibles fossiles. Les concentrations en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont également été multipliées par 5.

En cause, l’augmentation vertigineuse du prix des énergies fossiles, alors qu’explosaient les chiffres du chômage. Résultat, les urbains se sont rués sur le bois de chauffage pour adoucir des nuits d’hiver, souvent bien fraîches. En 2012, l'Union panhellénique des ingénieurs forestiers alertait déjà sur les coupes sauvages de bois de chauffage, face à une montée en flèche des prix du fioul et une réduction des crédits publics pour la gestion forestière. Un phénomène amplifié par le fait que les immeubles récents, même à Athènes, sont souvent équipés de cheminées.

Les importations de bois en provenance des Balkans s’avèrent insuffisantes pour couvrir les besoins, dans un contexte d’effondrement de la surveillance des forêts. Et le Fonds vert ne sera pas d’un très grand secours pour les Grecs: sur un budget initial de 4 milliards d’euros, il n’en reste plus que 400 millions. La faute au ministère des finances, qui a largement ponctionné dans ce fonds mis sur pied en 2010 pour financer la reforestation des zones ravagées par les incendies. De façon générale, l’environnement est le plus grand oublié de la crise financière en cours.



[1] Elles sont générées par le chauffage (notamment au bois), la combustion de combustibles fossiles dans les véhicules, les centrales thermiques et de nombreux procédés industriels.

[2] D’une taille inférieures ou égales à 2,5 micromètres -μm- (comme les  bactéries) et qui peuvent se loger dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires.

 

 



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