En France, tout le monde veut de l’électricité nucléaire

Le 02 décembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'électricité nucléaire : contestée mais toujours prisée.
L'électricité nucléaire : contestée mais toujours prisée.
Stefan Kühn

73 concurrents d’EDF ont voulu acheter, à bas coût, de l’électricité nucléaire d’EDF. Il n’y en a pas eu pour tout le monde.

L’électricité nucléaire a encore des amateurs. C’est ce que l’on peut conclure à la lecture des demandes d’achat d’électrons nucléaires reçues par la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Dans le cadre de l’Accès régulé à l'énergie nucléaire historique (Arenh), les concurrents d’EDF peuvent lui acheter jusqu’à 100 TWh/an à prix régulé. Ce qui correspond au quart de la production du parc électronucléaire.

L’année 2020 s’annonce comme un cru exceptionnel pour l’Arenh. La CRE a reçu un total de demandes de 147 TWh d’électricité formulées par 73 fournisseurs (hors fourniture des pertes des gestionnaires de réseau et hors filiales d’EDF), indique le régulateur dans un communiqué diffusé le 29 novembre.

Demande supérieure à l'offre

Ce montant enfonce le record établi année passé : 133 TWh/an. Il est surtout très supérieur (de 47%) au volume maximal d’électricité mobilisable via l’Arenh.

Le gendarme des marchés français de l’énergie et du carbone a donc distribué les volumes Arenh (100 TWh/an) «au prorata des demandes des fournisseurs, à l’exception des filiales d’EDF qui ont été intégralement écrêtées». Chaque fournisseur disposera d’un volume d’électricité représentant 68% de sa demande.

un système inadapté au marché

Vendue au prix régulé de 42 €/MWh, l’électricité de l’Arenh redevient très compétitive par rapport au prix du marché de gros. Sur la bourse européen de l’énergie et du carbone (EEX), le prix du MWh livré l’an prochain sur le marché français est, en effet, coté à plus de 49 euros.

En conséquence, la CRE renouvelle sa recommandation aux autorités françaises et européennes d’augmenter le plafond des volumes de l’Arenh, «qui n’est plus adapté à la situation actuelle sur le marché français de l’électricité.»

Des négociations tripartites sont en cours. EDF entend obtenir de l’Etat une augmentation du prix de l’Arenh, notamment pour financer le développement de son parc. D’autres discussions sont en cours entre l’Etat et la Commission européenne pour allonger la durée de vie de ce mécanisme prévu pour s’éteindre en 2026.