En France, le prix de l’eau est relativement stable

Le 29 novembre 2017 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Un prix stable mais un réseau vétuste de distribution d'eau potable
Un prix stable mais un réseau vétuste de distribution d'eau potable

Le prix de l’eau et de l’assainissement s’élève en moyenne, en France, à 3,56 euros par mètre cube[1], selon le nouveau baromètre NUS Consulting publié le 28 novembre pour la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E). Les réseaux doivent toutefois être modernisés.



[1] Toutes taxes et redevances comprises

 

 

Basé sur les consommations des 5 plus grandes villes de 10 pays européens[1], ce baromètre passe en revue les factures moyennes correspondant à 120 mètres cubes par an. Résultat: Avec 3,56 € par m3, la France se positionne en 4e position du classement, derrière l’Italie (1,43 €/m3), l’Espagne (2,24 €/m3), et la Suède (3,39 €/m3). Un classement honorable alors que la moyenne européenne de ce baromètre totalise 4,01 €/m3.

 

Hausse de 0,6% en deux ans

Dans l’Hexagone, le prix de l’eau et de l’assainissement a progressé de 0,6% entre janvier 2015 et janvier 2017. Une hausse qui n’est pas inéluctable puisqu’au Danemark, ce coût a fléchi de 0,5% (mais reste élevé à 3,16 €/m3), tandis qu’en Suède, il s’est réduit de 0,4% (pour atteindre le prix modique de 2,77 €/m3).

 

Hausse des ponctions de l’Etat

Dans le détail, le traitement des eaux usées représente, en France, 2,14 €/m3 et la distribution d’eau potable 1,43 €/m3. Un résultat qui paraît bon à la FP2E dans la mesure où «la quasi-totalité des coûts de fonctionnement et d’investissements des services publics sont couverts par les factures d’eau». Mais les professionnels ne cachent pas leur inquiétude quant à la hausse des prélèvements de l’Etat sur les budgets des agences de l’eau. Selon le dernier projet de loi de finances, les agences de l’eau perdent 500 M€ en 2018. Soit un quart de leurs ressources annuelles.

 

Modernisation à la traîne

Autre préoccupation: «La tendance à la baisse des investissements dans les infrastructures françaises est préoccupante», selon la FP2E. Le taux de renouvellement annuel des réseaux d’eau potable ne touche aujourd’hui que de 0,6% à 1% du linéaire français pour un coût évalué à 800 M€. Il faudrait le double, au minimum, pour éviter un vieillissement des infrastructures. Au rythme actuel, les réseaux ne seront remplacés que dans 160 ans alors que la durée de vie d’une canalisation est de 30 à 80 ans en moyenne.

Côté qualité, des investissements s’imposent aussi puisque les zones rurales affichent un taux de non-conformité des limites bactériologiques 20 fois supérieur à celui des zones urbaines. Un signe d’espoir: la France peut accéder à des financements européens non utilisés- dédiés à la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau. «Lors des précédents programmes des fonds structurels, un milliard d’euros est retourné à l’Union européenne faute d’avoir été utilisé», relève la FP2E.



[1] Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus