En France, le bonheur serait dans le solaire

Le 22 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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N°1 du solaire en Europe, l'Allemagne, qui connaît un boom en ce domaine depuis 2000, revoit son enthousiasme à la baisse. Néophyte en la matière, la France veut combler son retard.

Nous sommes en 2004. Avec ses 750.000 mètres carrés (m2) de capteurs solaires et son titre de championne du monde, l'Allemagne fait figure de pionnière dans l'industrie solaire. Florissantes, les sociétés allemandes spécialisées dans l'énergie photovoltaïque entrent en bourse et affichent des progressions considérables. Petite entreprise créée en 1998, Conergy atteint en 2004 le chiffre d'affaire de 285 millions d'euros. Le succès allemand fait des envieux. Derrière l'Allemagne, se profilent les Pays-Bas, l'Autriche et plus loin, beaucoup plus loin, la France qui, forte de son énergie nucléaire, ne se préoccupe guère de ses rayons de soleil.

Deux ans plus tard, la situation a évolué. Outre-Rhin, le soleil ne semble plus à son zénith. L'Allemagne détient toujours la première place mais à la Bourse de Francfort, les valeurs des industries solaires connaissent un ralentissement. En un an, Conergy est passé de 65 à 45 euros. L'été dernier, Solarword subit une baisse de 70 à 35 euros, soit un repli de 30 à 50% des valeurs. A contrario, en France, quelques rayons percent les nuages. En 2005, l'Hexagone a connu la plus forte progression du marché solaire thermique d'Europe: +134%. Signal encourageant: le 15 mai 2006, Dominique de Villepin, Premier ministre, annonce l'augmentation significative des tarifs de rachat de l'électricité photovoltaïque, prenant ainsi exemple sur l'Allemagne et sa loi de 2000 sur les énergies renouvelables.

Désormais, en France, outre le crédit d'impôt aux particuliers sur les matériels et des aides octroyées par les collectivités locales, le prix de rachat de l'électricité produite par les panneaux solaires installés sur un toit ou une façade est fixé à 30 centimes d'euros le kilowattheure (kWh) -contre 15 centimes auparavant-, et même à 55 centimes lorsque les installations sont intégrées à l'architecture. Preuve de l'engouement hexagonal pour cette nouvelle industrie, la filière «énergies nouvelles» d'EDF a connu une entrée fracassante en Bourse le 29 novembre pour s'envoler de 17,8% dès la première séance, pesant d'emblée près de 2 milliards d'euros, soit pratiquement 6 fois son chiffre d'affaires.

Euphorie à la Bourse de Paris. Mais une question émerge: le marché du solaire français est-il voué à connaître le même destin que son voisin d'Outre-Rhin? «Fausse question», répondent les analystes. «La bulle spéculative qui s'est créée sur le marché allemand ces dernières années était totalement artificielle, estime Alain Ricaud, ingénieur et gérant de Cythelia, un cabinet d'expertise spécialisé dans l'énergie solaire. Le léger tassement des valeurs qu'on observe actuellement à la Bourse de Francfort est un simple retour à la normal.» «Les producteurs d'électricité étaient arrivés à un stade où ils ne disposaient pas d'assez de matière première, e silicium, d'où un ralentissement général en 2005 et 2006. Le secteur est en phase de restructuration et repart aujourd'hui à la hausse», analyse Marie Latour, chargée de communication à l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque (EPIA), basée à Bruxelles (Belgique).

Même confiance du côté d'Apollon Solar. «En Allemagne, après la loi de 2000, ce ne sont pas les producteurs d'énergie solaire mais les installateurs de photovoltaïque qui ont exploité le filon et se sont enrichis très rapidement, explique le fondateur et PDG de l'entreprise, Robert de Franclieu. En réalité, les mesures allemandes ont profité à quelques-uns à court terme, mais pas de manière durable. La politique française est menée à plus long terme car elle mise sur une intégration verticale de la filière.» «Tous les acteurs du photovoltaïque français sont en train de se concerter pour permettre un développement durable de la filière et pour que chacun à son niveau, en amont ou en aval, prenne les bonnes décisions pour répondre à une demande croissante», précise de son côté Marie Latour.

En France, le bonheur se trouverait donc désormais dans le solaire. «Mais pas de précipitation, prévient Alain Ricaud. Les acteurs français du solaire sont dans les starting-blocks mais n'ont pas commencé à courir!» Partie de très bas, la France mettrait plusieurs années à se hisser au même niveau que ses voisins européens, «mais pourrait à terme devenir le quatrième producteur européen, derrière l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie», poursuit-il.

A en croire les scénarios les plus optimistes élaborés par l'EPIA, l'Europe qui devrait connaître en 2007 une croissance de 10% dans le secteur, pourrait atteindre 35% par an sur les 10 prochaines années. A ce rythme, le marché du photovoltaïque européen, actuellement de 900.000 watts (W), s'élèverait à 25 gigawatts (GW) en 2020 (1).



(1) Scénarios optimistes de l'EPIA:
Marché européen  : 2007: 900.000 W; en 2010: 3,1 GW; en 2020: 25 GW
Marché mondial  : 2007: 1, 4 GW; 2010: 5,6 GW; 2020: 48 GW




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