En France, la vitamine D dépend peu de l’alimentation

Le 01 octobre 2014 par Romain Loury
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En France, la vitamine D surtout liée au soleil
En France, la vitamine D surtout liée au soleil

Les apports alimentaires en vitamine D sont largement insuffisants chez les Français, révèle une étude publiée dans le Journal of Investigative Dermatology. A tel point que le facteur alimentation apparaît comme un facteur secondaire, contrairement à l’ensoleillement.

Pour l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), les adultes et enfants de plus de 3 ans devraient consommer au moins 5 microgrammes par jour de vitamine D, les personnes âgées de 10 à 15 µg/jour, les poissons gras en étant les plus chargés. On en est loin, comme le rappelle l’étude publiée par Mathilde Touvier, de l’Equipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren), et ses collègues [1].

Dans la cohorte française SU.VI.MAX que les chercheurs ont analysée, 57,8% des 1.828 personnes souffrent en effet d’une hypovitaminose D modérée à sévère (taux sanguin inférieur à 20 nanogrammes par millilitre), 14,8% d’une hypovitaminose sévère (moins de 10 ng/mL). Pour la première fois, les chercheurs ont tenté de cerner les facteurs qui expliquent de telles carences. Principale surprise de l’étude, l’alimentation n’en fait pas partie.

L’apport alimentaire est en effet très faible, en moyenne de 2,9 µg/jour. Dès lors, la vitamine D retrouvée chez les Français provient en grande partie de l’exposition au soleil, qui permet sa production endogène au niveau de la peau. La situation est très différente dans les pays scandinaves, bien moins ensoleillés, dont les habitants consomment bien plus de poisson gras, explique Mathilde Touvier, contactée par le JDSA.

Parmi les facteurs expliquant l’hypovitaminose française, les chercheurs ont identifié le fait de vivre à des latitudes plus élevées (avec moins de soleil), mais aussi une faible activité physique, l’obésité, le fait d’être une femme ou une personne âgée. Pour Mathilde Touvier, il convient donc de prendre le soleil tous les jours, «juste en allant faire ses courses, sans s’exposer au bronzage», qui favorise le cancer de la peau.

Les efforts s’imposent aussi «au niveau alimentaire, évidemment», ajoute la chercheure. «Mais nous restons très prudents quant au fait de prendre des compléments alimentaires: les effets à long terme sont peu connus. Outre une forme biochimique différente, une vitamine D isolée dans un comprimé n’a peut-être pas le même effet que celle issue d’une matrice alimentaire», indique-t-elle.

Si les effets de la vitamine D d’un point de vue osseux et sur le système immunitaire sont bien connus, on en sait moins sur la dose optimale pour prévenir les cancers et les maladies cardiovasculaires. Certaines études ont même montré un sur-risque de mortalité chez les personnes qui présentent un excès de vitamine D.

[1] Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Institut national de la recherche agronomique (Inra), Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), université Paris 13



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