En Europe, un vote écolo boosté par l’Allemagne et la France

Le 27 mai 2019 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le groupe Verts/ALE comptera 69 eurodéputés
Le groupe Verts/ALE comptera 69 eurodéputés

Y a vraiment-il eu une «vague verte européenne», comme l’a affirmé Yannick Jadot dimanche 26 mai? Si le groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ALE) a progressé de 17 sièges, c’est surtout grâce aux votes allemands et français. Toutefois, plusieurs pays présentent une nette progression des partis écologistes.

C’est en Allemagne que les Verts ont obtenu leur plus beau score: 20,5% (contre seulement 10,7% en 2014!), ce qui fait d’eux le deuxième parti derrière celui au pouvoir, la CDU. Les Grünen envoient ainsi 20 députés au Parlement européen. Et même 21, si l’on ajoute l’unique gagnant du Parti écologiste-démocrate (ODP), 10e liste au classement allemand avec 1% des voix.

Si le groupe des Verts/ALE a progressé de 17 sièges ce dimanche, passant de 52 en 2014 à 69 en 2019, c’est donc avant tout grâce aux votes allemands (+9 élus) et français (+6 élus, soit 12 contre 6 en 2014). Toutefois, une percée écologiste s’est bien produite dans plusieurs pays européens.

11 eurodéputés Verts britanniques

Dans ce qui ressemble à un baroud d’honneur, les Britanniques disposeront ainsi de 11 députés Verts/ALE –contre 6 en 2014. Parmi eux, figurent 7 députés du Green Party (arrivé 4e à 11,10%, contre 6,91% en 2014), ainsi que trois députés du parti national écossais et un du parti gallois –pour le versant régionaliste du groupe, représenté par l’Alliance libre européenne.

Chez le voisin irlandais, le Green Party fait encore mieux: avec 15% des voix, il arrive en troisième position, et place ainsi deux députés au Parlement européen. Avec seulement 4,9% des suffrages en 2014, l’Irlande ne comptait aucun eurodéputé vert à ce jour.

En Finlande, les Verts en deuxième position

Les écologistes font aussi de beaux scores en Scandinavie, surtout en Finlande, où la Ligue verte atteint la deuxième place (16%, contre 9,33% en 2014), derrière le parti de la coalition nationale, libéral-conservateur (20,80%). En Suède, le parti de l’environnement-Les Verts est en recul (4e position, 11,40%, contre 15,41% en 2014), tandis que le parti populaire socialiste, au Danemark, fait du surplace (13,20%, contre 12,65% en 2014).

Dans les trois pays du Benelux, les résultats sont modestes: les deux partis écologistes belges (Ecolo en Wallonie, Groen en Flandre) sont en recul, avec respectivement 7,83% (6e place) et 7,43% des votes (8e place). Aux Pays-Bas, la Gauche verte progresse, arrivant 4e avec 10,90% des voix (contre 6,98% en 2014). Les Verts luxembourgeois atteignent quant à eux l’un des plus beaux scores écologistes européens, avec 18,91% (3e position).

En Autriche, les Verts obtiennent un score (14%) légèrement inférieur à celui de 2014, ce qui leur fait perdre un eurodéputé.

En Espagne, des élus autonomistes

La situation des partis écologistes n’est guère fameuse dans les pays méditerranéens. Sur les 4 députés Verts/ALE espagnols, trois proviennent d’une coalition de partis autonomistes, et un de la coalition portée par le parti Podemos. Le Portugal comptera enfin un eurodéputé écolo, issu du parti Personnes-Animaux-Nature (5,08%, 6e). La Grèce et l’Italie ne compteront toujours pas d’élu au groupe Verts/ALE.

Quant à la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, la Slovénie, l’Estonie, Chypre et Malte, elles demeurent absentes du groupe. Parmi les pays entrés depuis 2004, seuls deux pays y seront présents, avec deux députés lituaniens –l’Union lituanienne agraire et des verts est arrivée troisième dans le pays (12,60%)–, et un député letton, issu d’un parti représentant la minorité russophone du pays.

Autres élus catalogués écologistes, ceux de la Gauche verte nordique (GVN), qui siègent dans le groupe de la Gauche unitaire européenne –celui de La France Insoumise–, en recul lors de ces élections (39 députés, contre 45 en 2014). La GVN ne comptera que deux députés, l’un finlandais, de l’Alliance de gauche, l’autre suédois, du parti de gauche.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus