En Europe, les transports urbains doivent «changer de siècle»

Le 03 décembre 2013 par Stéphanie Senet
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Les objectifs de la feuille de route européenne sont encore loin
Les objectifs de la feuille de route européenne sont encore loin

Si certaines villes européennes ont clairement favorisé les transports en commun et le vélo, le Vieux continent reste largement dominé par la voiture. Ainsi, les transports urbains s’avèrent toujours fortement émetteurs de gaz à effet de serre, de pollution de l’air et de bruit, conclut le rapport annuel de l’Agence européenne de l’environnement publié ce 3 décembre.

Transport routier oblige, la qualité de l’air reste inquiétante pour 90% des Européens vivant en ville, avait déjà alerté l’AEE dans un rapport publié le 15 octobre. Ces urbains sont en effet exposés à des dépassements des seuils de recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (10 microgrammes par mètre cube d’air pour les PM 2,5). L’alerte a d’ailleurs été confirmée par le Centre international de la recherche sur le cancer (Circ), qui a classé le 17 octobre la pollution de l’air extérieur comme «cancérigène avéré».

 

La route génère également une forte pollution sonore, qui représente un autre problème sanitaire majeur. Plus d’un quart des habitants de Paris, Sofia (Bulgarie), Luxembourg, et Tallin (Estonie) sont ainsi exposés à des niveaux de bruit supérieurs aux limites de l’OMS en raison du trafic nocturne, indique ce nouveau rapport.

 

Le vélo pour changer de siècle

 

Le vélo gagne pourtant du terrain dans plusieurs grandes villes européennes. Au Danemark, Copenhague la pionnière a ainsi très tôt développé son réseau de pistes cyclables. Elle a été rejointe par Amsterdam, Utrecht (Pays-Bas) ou encore Séville (Espagne), qui a réussi à faire bondir la part du vélo de 0,5% à 7% des kilomètres parcourus en 6 ans (1).

 

«De nombreuses villes appliquent des idées novatrices qui vont faire passer le système de transport basé sur la voiture pour une idée appartenant au siècle dernier. Vivre en ville ne signifie pas nécessairement air pollué, congestion, bruit et longs temps de transport. Ces nouveaux transports urbains sont en train de rendre de nombreuses villes plus saines et plus agréables à vivre», souligne Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE.

 

Emissions de GES: la faute à l’avion

 

Les experts de l’AEE notent par ailleurs que les émissions de gaz à effet de serre issues des transports ont diminué en Europe de 0,6% entre 2010 et 2011. Un résultat très largement insuffisant pour viser la baisse de 60% des émissions du secteur en 2050 (par rapport à 1990) préconisée par la feuille de route adoptée par Bruxelles en 2011 (2). Aujourd’hui, les émissions excèdent d’ailleurs de 25% celles de 1990.

 

Ce piètre score est imputable au transport aérien, dont les émissions ont grimpé de 2,6% entre 2010 et 2011.

 

A noter que les émissions des nouvelles voitures enregistrent une légère baisse de 2,6% en 2012 (132,2 g/km en moyenne). Selon l’AEE, les constructeurs européens sont à même d’atteindre l’objectif de 130 g au maximum de CO2 par kilomètre parcouru pour les véhicules neufs en 2015 (3).

 

La part des énergies renouvelables, elle, n’augmente pas aussi vite qu’elle le devrait. Alors que la feuille de route prévoit 10% d’ENR dans l’énergie consommée par les transports en 2020, le niveau actuel s’élève à 3,8% seulement (contre 3,5% en 2010).

 

(1)Intéressant, l’index Copenhaguenize propose un classement des villes amies de la bicyclette

http://copenhagenize.eu/index/

(2) A noter que celle-ci comprend les émissions du trafic aérien mais exclut celles du trafic maritime international



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