En Europe, les abeilles poussées vers l’extinction

Le 20 mars 2015 par Romain Loury
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10.000 tonnes de miel en 2014, minimum historique
10.000 tonnes de miel en 2014, minimum historique
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Une espèce européenne d’abeille sur 10 serait menacée d’extinction, a estimé l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) jeudi 19 mars. Inquiétant en soi, le chiffre semble largement sous-estimé, en raison d’un manque de données pour la grande majorité des espèces.

Dans son premier rapport consacré aux abeilles européennes, l’UICN estime que 9,2% des espèces d’abeilles sont menacées d’extinction, soit 178 espèces -dont 39 présentes uniquement en Europe- sur les 1.942 évaluées. Parmi elles, 7 sont en danger critique d’extinction, 46 en danger, 24 vulnérables et 101 quasi-menacées.

La plus grande incertitude règne sur la majorité des espèces: selon l’UICN, on ne disposer pas de données pour 56,7% d’entre elles. Et dans 79% des cas, on ne sait même pas si leur population est en déclin, stable ou en augmentation. «Lorsque nous disposerons de plus de données, il est fort possible que nombre de ces espèces s’avèrent aussi menacées», prévient l’UICN.

Pour l’union, ce déclin provient d’«une perte de l’habitat, du fait de l’intensification de l’agriculture (par exemple, les pratiques agricoles telles que l’utilisation de pesticides et de fertilisants), le développement urbain, la fréquence accrue des incendies et le changement climatique».

Le «courage des députés»

Parmi les pesticides, c’est aussitôt aux néonicotinoïdes que l’on pense: jeudi 19 mars, les députés se sont prononcés pour leur interdiction totale à partir du 1er janvier 2016, suite à un amendement adopté dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de loi sur la biodiversité. Depuis décembre 2013, seuls 3 néonicotinoïdes font l’objet d’un moratoire européen, du moins pour certaines utilisations.

Se félicitant du «courage des députés face aux lobbies de l’agrochimie», l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), contactée par le JDLE, redoute la suite des évènements. Le texte doit encore passer au Sénat, où une résolution visant à l’interdiction de ces insecticides a été rejetée début février. De plus, le texte n’est pas soutenu par le gouvernement.

«C’est assez désespérant, les apiculteurs n’en peuvent plus», juge l’Unaf, qui déplore les «effets d’annonce» du gouvernement, notamment sur le plan Ecophyto –qui n’a en rien réduit l’utilisation des pesticides, au contraire en hausse. Selon le syndicat, la production française de miel n’était que de 10.000 tonnes en 2014, contre 15.000 tonnes en 2013, 20.000 tonnes en 2011 et près de 32.000 tonnes en 1995.

Après la forte surmortalité survenue dans l’Ariège et les Pyrénées-Orientales au cours de l’hiver 2013-2014, la situation ne semble guère s’être améliorée ces derniers mois, indique l’Unaf. Selon les régions, la mortalité des colonies serait comprise entre 50% et 80%.



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