En Espagne, un virus décime les amphibiens

Le 17 octobre 2014 par Romain Loury
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Le crapaud accoucheur, parmi les victimes du ranavirus
Le crapaud accoucheur, parmi les victimes du ranavirus
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Les amphibiens espagnols sont frappés de plein fouet par de nouveaux virus très virulents, révèle une étude publiée dans la revue Current Biology. Si les ranavirus, genre auquel ils appartiennent, étaient déjà connus, c’est la première fois que certains d’entre eux déciment plusieurs espèces simultanément.

Connus depuis les années 1960, les ranavirus entraînent chez les amphibiens une maladie le plus souvent mortelle, caractérisée par des plaies cutanées, une nécrose des membres et des hémorragies internes.

Si ces pathogènes sont à l’origine d’épidémies épisodiques, il n’existait qu’un seul cas recensé de déclin à long terme d’une population d’amphibiens, à savoir la grenouille rousse (Rana temporaria) au Royaume-Uni. Mais la situation que dépeint l’équipe de Jaime Bosch, du Muséum national des sciences naturelles de Madrid, semble encore plus grave.

Depuis septembre 2007, deux ranavirus apparentés font des ravages dans le nord de l’Espagne, et pas dans une seule espèce d’amphibien. Les pathogènes s’avèrent donc plus virulents qu’on ne le pensait, mais surtout ils sont capables de franchir la barrière d’espèces.

Les chercheurs ont évalué depuis 2005 la quantité de trois espèces courantes, à savoir le crapaud accoucheur (Alytes obstetricans), le crapaud commun (Bufo bufo) et le triton alpestre (Mesotriton alpestris), en 15 points du parc national Pics d’Europe. Dans certains endroits, ces espèces ont quasiment disparu du fait du virus.

D’autres reptiles touchés?

Pire, les chercheurs ont découvert le cadavre d’un serpent, probablement infecté après avoir dévoré des grenouilles malades. Ce qui démontre un peu plus la grande souplesse d’adaptation de ces ranavirus.

«Selon l’analyse génétique de virus isolés à partir des animaux infectés, nous pensons qu’ils  dérivent d’une seule souche introduite en plusieurs endroits du parc, probablement un peu avant 2005 du fait d’activités humaines», avance Jaime Bosch dans un communiqué de l’University College London (UCL), associée à ces travaux.

Il me manquait plus que ça aux amphibiens. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 59% des espèces européennes sont en déclin, et 23% sont menacées d’extinction. Entre autres facteurs évoqués, le réchauffement climatique, la pollution chimique, la dégradation de leur habitat, les rayons UV-B, mais aussi la piste infectieuse. Outre les ranavirus, elles sont victimes d’un champignon mortel, Batrachochytrium dendrobatidis.



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