En Colombie, plus de glyphosate pour la coca

Le 11 mai 2015 par Romain Loury
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La culture de coca, aussi au Pérou
La culture de coca, aussi au Pérou
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La Colombie va suspendre les épandages aériens de glyphosate pour lutter contre la culture de coca, a annoncé samedi 9 mai son président Juan Manuel Santos. Les autorités auront jusqu’au 1er octobre pour définir de nouveaux moyens de lutte.

Lancées en 1994 dans le cadre du plan national de lutte contre la drogue, ces campagnes d’épandage de glyphosate, herbicide plus connu sous son nom de marque Round Up, concernaient en premier lieu les régions tenues par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), groupe rebelle accusé de se financer grâce à la production de cocaïne.

Très controversé, le glyphosate a été classifié en cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), branche de l’Organisation, lors d’un avis publié fin mars. Fin avril, le ministère colombien de la santé allait dans le même sens, demandant un moratoire sur l’emploi de ce produit, au motif qu’il mettrait en danger la population locale.

Samedi 9 mai, Juan Manuel Santos a déclaré demander «aux ministres et aux fonctionnaires du gouvernement qui font partie du Conseil national des stupéfiants [CNE] de suspendre, lors de leur prochaine réunion la semaine prochaine [vendredi 15 mai], les aspersions à base de glyphosate contre les cultures illicites des narcotrafiquants», relate l’Agence France Presse (AFP).

«Je veux être très clair: qu'on n'interprète pas cela comme un signe que nous allons baisser la garde dans la lutte contre le trafic de drogue», a-t-il aussitôt ajouté. Sa décision a aussitôt été critiquée par l’ancien président Alvaro Uribe, qui a déploré sur Twitter que le gouvernement s’avance sans offrir d’alternative. Juan Manuel Santos a cependant chargé le CNE de lui présenter un nouveau plan d’action d’ici le 1er octobre.

Prise de conscience mondiale?

Egalement réputé pour être un perturbateur endocrinien, le glyphosate traverse une très mauvaise passe depuis l’avis du Circ. En avril, la Fédération argentine des professionnels de santé (Fesprosa), principale association médicale du pays, a ainsi demandé son interdiction pure et simple. Et en Chine, trois citoyens ont traîné le ministère de l’agriculture en justice afin qu’il publie les données d’études ayant servi à l’autorisation du produit en 1988.

En France, des pétitions demandant la prohibition du produit ont été lancées par les associations Agir pour l’environnement et Générations futures. Sans aller jusqu’à l’interdiction, difficile dans le contexte communautaire européen, la ministre de l’écologie Ségolène Royal a annoncé début avril qu’elle souhaitait mettre fin à la vente du produit dans les jardineries, grâce à un amendement qui sera soumis lors de l’examen par le Sénat du projet de loi biodiversité.



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